mercredi 8 octobre 2025

Essai de définition de la pauvreté humaine

Article révisé le 27/02/2026



Préambule 

Richesse et pauvreté ne doivent pas s’entendre comme les attributs du bonheur et du malheur. S’il est des riches malheureux, souvent pour n’avoir pas compris qu’existent d’autres formes de bonheur que la fortune matérielle, les pauvres heureux ne sont pas rares. Sans être pour autant heureux d’être pauvres, ils considèrent qu’il existe d’autres façons d’être riche que de posséder autant ou plus qu’autrui. Ces deux concepts doivent donc être pris au sens le plus large, sachant que quantifiable lorsqu’elle est d’ordre matériel (revenu, patrimoine), la richesse, comme la pauvreté, peuvent aussi bien être de nature immatérielle, chacune étant néanmoins distribuée pyramidalement.

Si le progrès scientifique et technique a considérablement amélioré les conditions de vie (confort) de l'humanité, richesse et pauvreté existent depuis toujours et continueront d’exister l'une par l'autre, dans une relativité intemporelle, déterminant une pyramide sociale dont le volume peut représenter par convention le peuplement.

Toutefois, sans riches point de pauvres et réciproquement ; les uns existent par les autres et réciproquement. En conséquence, ce qui compte pour chacun est son ressenti en tant qu'occupant, à chaque instant de son existence, d’une position dans cette structure sociale – à l’échelle de l'humanité ou de chacune des collectivités dont elle est faite : locale, régionale, nationales ou autres –, position devant tout aux hasards de sa naissance et à l’héritage génétique, social et culturel en découlant ; quels que soient les aléas de son existence par la suite et la compassion – spontanée ou contrainte – de ses semblables.

Or, l'écart existant entre la base et le sommet de cette pyramide ne cesse pas d’augmenter, de même que sa richesse commune avec la population et une économie déterminée par ses besoins, vitaux et accessoires ; les inégalités sociales exprimées par cet écart ne cessant de se creuser d’autant. Et ces inégalités sont d’autant plus ressenties que si la richesse n'a pas d'autres limites que les ressources dont la tirent ceux qui la convoitent, la pauvreté à la sienne, qui est le niveau zéro de la richesse collective, coïncidant avec sa base, là où est condamnée – structurellement – à survivre la multitude des plus déshérités.



C’est dans ces conditions que peuvent être dégagés des critères de différenciation entre individus et groupes d’individus, face à l’échelle des richesses de la société.

Est pauvre celui qui n’a n’a pas de quoi satisfaire tout ou partie de ses besoins vitaux que sont, par ordre alphabétique :

a/ Un abri – Le pauvre ne dispose pas de quoi s'abriter, avec sa famille lorsqu'il en a une ; quand il n’est pas privé du moindre refuge.

b/ L’alimentation – Le pauvre souffre de la faim ou de malnutrition.

c/ L’habillement – Le pauvre est dépourvu de vêtements en rapport avec la dignité qu’ils peuvent lui conférer et/ou les conditions, notamment climatiques, dans lesquelles il vit.

d/ L’hygiène et la santé – Le pauvre n’a pas couramment accès au minimum de soins médicaux et peut ne pas disposer pas de l’eau potable ou simplement salubre. Eu égard à la quasi-inexistence de réseaux d'assainissement et de sanitaires privés en certains lieux de misère, le recours à des toilettes collectives, même dépourvues d’eau courante comme le sont le plus souvent des installations de fortune, masque ce critère.

e/ L’instruction – Le pauvre ne bénéficie pas d’un savoir suffisant pour contribuer à la détermination de ses conditions d'existence.

f/ Compte tenu de la montée des désordres et violences de toutes sortes partout dans le monde, et du degré particulièrement élevé de vulnérabilité des plus démunis face à ce fléau, l'insécurité est en voie de s’ajouter officiellement à la liste des indicateurs de richesse et de pauvreté.


Les pauvres profonds se distinguent, à la limite inférieure de la pauvreté ; au plus près de la base de la pyramide sociale et du niveau zér0 de la richesse avec lequel elle coïncide, par un revenu quotidien inférieur à un minimum déterminé par l’ONU. Fixé à 2 dollars environ, chaque pays devant convertir ce montant dans sa propre monnaie, avec les distorsions qui en résultent. Est toutefois considéré ici comme pauvre profond, l’être humain dont les besoins vitaux ne sont pas satisfaits dans leur totalité, partout dans le monde, que son revenu soit ou non supérieur à ces 2 dollars environ quotidiennement.

Il faut par ailleurs noter, au sujet des pauvres profonds :

1° — Le désaccord des experts pour en fixer le nombre, dont l'importance comme la fluctuation sont liées aux causes de leur état, telles que, notamment, les conflits et crises se multipliant partout dans le monde, outre les caprices de la nature. Il n'est que de penser à ce sujet aux innombrables bidonvilles, camps et autre lieux de conflits plus ou moins armés, tous lieux de concentration de la grande misère.

2° — Qu’ils représentent la plus grande plaie ouverte au flanc de l'humanité, et sa première honte, en cela que le nombre de pauvres – dont les pauvres profonds augmente structurellement depuis que l'humanité existe, dans une mesure qui est plusieurs fois celle à laquelle se multiplient les riches, sans qu’une quelconque relativité puisse l’expliquer.


Est ainsi plus ou moins riche, tout être humain ayant de quoi satisfaire l’ensemble de ses besoins vitaux et d’accéder, dans une mesure extrêmement variable, au confort et au superflu.

Compte tenu de la diversité des situations ainsi présentées et de l’impossibilité de définir objectivement la différence entre grande richesse et richesse encore proche de la pauvreté, le concept de classes moyennes s’est imposé en tant que variable d'ajustement et est appliqué à des populations dont tantôt elle intègre et tantôt elle exclut tels ou tels représentants, au gré des courants de la pensée politique et sociale. Peuvent donc figurer parmi les classes moyennes, aussi bien de “petits bourgeois”, des cadres pouvant être qualifiés d’“inférieurs”, de “petits commerçants, des représentants modestes de professions libérales, intellectuels, etc. autant de dénominations dont l’hétérogénéité n’a d’égal que le flou, et qui renvoient in fine à des patrimoines et/ou à des revenus, pour déterminer dans l’imaginaire collectif un niveau de richesse sujet à bien des amalgames et approximations.

Au-delà de ces définitions et de leur imprécision – que ne suffisent pas à clarifier le crénelage de coefficients, indices et autres paramètres tels que PNB, PIB, indice de Gini, centiles, déciles, etc. outre le fait qu'ils ne tiennent pas compte du caractère pyramidal de la société, négligeant en quelque sorte sa troisième dimension. Il est proposé ici de se référer, pour segmenter la pyramide sociale face à sa richesse collective, selon sa définition la plus large, à ce qui constitue le patrimoine matériel et immatériel de l'ensemble de la société qui la peuple, les éléments constitutifs en étant : la matérialisation des savoirs artistiques, techniques, scientifiques, etc. ; les capitaux ; les infrastructures et autres outils de production ; les stocks de matières premières, de produits finis et en cours d’achèvement ; etc. Cette richesse globale de la société se définissant comme ; la  Somme des richesses matérielles et immatérielles, naturelles et résultant de l’ensemble des activités et autres apports de tous les membres de la société.

À noter la qualification de "naturelles", soulignant le fait que la richesse de la collectivité n’est pas le fruit des seules activités de ses membres, mais inclut ceux de la prédation irréversible qu’ils exercent sur leur environnement, que ce soit ou non pour alimenter ces activités.

Cette richesse globale de la société peut être divisée par le nombre des individus qui la composent à un moment donné, pour connaître la richesse moyenne de chacun d’entre eux, comme inversement, cette richesse globale n’est autre que la richesse moyenne de chacun, multipliée par leur nombre.

Dès lors, le volume de la pyramide sociale représentant par convention le nombre total de ses occupants à un moment déterminé, ceux-ci y sont structurellement répartis, par un calcul reposant sur les propriétés du polyèdre pyramidal, en catégories sociales : pauvres, représentants des classes moyennes, et riches, schématisées ci-après, puis en pourcentage de leur nombre total, et par extrapolation en nombre, ou vice-versa.















Quelque mathématicien saura bien réduire en savante algèbre la définition de la pauvreté – et par voie de conséquence de la richesse ainsi que de la catégorie sociale intermédiaire constituée des représentants des classes moyennes  telle qu’énoncée ci-dessus en termes de simple logique structurelle et déductive. D’ici là, celle-ci pourra conduire qui voudra bien s’y intéresser ; à éviter au moins des détours et considérations transversales, au moins égales à celles relevées dans la définition de la pyramide sociale (cf. chapitre 3 ci-dessus) et dont aucune ne permet un chiffrage suffisamment précis ni crédible de la notion de pauvreté humaine, pourtant premier des malheurs du monde.

Il suffit pour le percevoir, de citer ce qu’en disent autant et plus le web que les articles et livres traitant de la pauvreté, publiés à jet continu partout dans le monde. D’autant plus qu’aux considérations relatives à la pauvreté en tant que telle, rares sont les partis qui n’en épousent pas suffisamment la cause pour faire preuve d’objectivité.


Exemples :

- De la marginalité aux divers types de pauvreté – et de pauvres –, selon Acfas

Relative, absolue, intégrée, issue d’un processus de disqualification, sans que la moindre attention ne semble accordé à son caractère structurel :

Les 9 types de pauvres

1) Les démunis

2) Les malchanceux et accidentés

3) Les isolés

4) Les pauvres « d’avenir »

5) Les mal portants

6) Les ignorants, incompétents, inexperts

7) Les mal aimés

8) Ceux qui se cachent et se détestent

9) Les pauvres de volonté et d’amour

- Du foisonnement des définitions de la pauvreté, émanant d’institutions diverses :

Le Trésor de la langue française (TLF) – dictionnaire du CNRS –, pour lequel la pauvreté est l’état, la condition, d’une personne qui manque de ressources, de moyens matériels pour mener une vie décente…

Pour Wikipédia, la pauvreté est le fait d’être dans une situation d’infériorité matérielle par rapport aux individus les plus favorisés…

Pour Oxfam France, le manque de ressources pour mener une vie décente, qui touche près de la moitié de l’humanité dans le monde…

Pour l’Insee, la pauvreté monétaire est définie comme le revenu disponible inférieur à 60 % du niveau de vie médian…

Selon Le Robert : La pauvreté est l’état d’une personne qui manque de moyens matériels ou moraux.

Pour le Larousse, il est intéressant de constater qu’au lieu de publier une définition de la pauvreté – sur son site internet comme dans ses éditions papier, il juge opportun de préciser ce qu’est la pauvreté... évangélique : renonciation aux biens de la terre, conformément à l’esprit de l’Évangile //Vœu par lequel…

En 2025, pour la Banque Mondiale et l’ONU, est en situation de pauvreté profonde, tout individu vivant avec moins de 3 dollars par jour.

Etc.

Quant à la richesse, sa définition donnant lieu à des considérations transversales, au moins égales en nombre à celles dont la pauvreté fait l’objet, la parole sera à nouveau donnée au TLF, – référence scientifique oblige – pour lequel la richesse est « abondance de biens, de moyens, de revenus; état, condition d'une personne qui possède des biens très [?] importants, qui a beaucoup de ressources, de revenus… ».

Relativité : Est riche ou pauvre tout occupant de la pyramide sociale se positionnant au-dessus ou au-dessous de la médiane de l’échelle de richesse collective lui étant associée.


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