« Si les hommes ont des obligations à l’égard des êtres qui ne sont pas encore ; elles ne consistent pas à leur donner l’existence, mais le bonheur ; elles ont pour objet le bien-être général de l’espèce humaine ou de la société dans laquelle ils vivent, de la famille à laquelle ils sont attachés, et non la puérile idée de charger la terre. d’êtres inutiles et malheureux » Condorcet

vendredi 3 janvier 2020

Meilleurs voeux de nouvel an !


Enfin une (presque) bonne nouvelle sur le front démographique, pour débuter 2020 : l'augmentation quotidienne de la population humaine mondiale (différence entre naissances et décès) est ramenée de 250 000 et plus, à 220 000 individus ; cette diminution ayant toutefois lieu dans les pays qui en ont le moins besoin.

Ne pas manquer l'article que le blog “Économie durable” consacre, en ce début d'année, à l'annonce émanant du Service population de l'ONU, de cet infléchissement de notre croissance démographique mondiale, 

Et pour ceux qui ne l'aurait pas noté en son temps, visionner le passage de l'intervention de Nicolas Sarkozy devant la dernière assemblée générale du Medef, concernant la surpopulation humaine :

À noter que les propos de notre ancien Président de la République coïncident heureusement avec la réflexion et les travaux modestement menés par votre serviteur, depuis la naissance du club de Rome, et ayant abouti à la théorie de la “Pyramidologie sociale”, à l'élaboration de laquelle bien des visiteurs de nombreux lieux de débat (en particulier https://www.agoravox.fr/), ont contribué depuis bientôt une dizaine d'années – avec un intérêt mitigé et souvent sans même s'en douter. Qu'ils en soient remerciés.

mercredi 1 janvier 2020

Du binôme économie-population


N'en déplaise à la plupart des experts en sciences dites humaines, l'histoire de l'humanité n’est rien d’autre que celle de la relation économie-démographie, celle-ci conditionnant celle-là et non le contraire. Et c’est par ignorance, voire négation de cette relation fondamentale ainsi que de son évolution, que l'homme s'interdit, entre autres conséquences, de se réconcilier avec son environnement. À quoi sert en effet la réduction de la consommation d'énergie, la frugalité et autres mesures tout autant vouées à l'échec si la population de consommateurs ne cesse d'augmenter ?

Parce qu’il doit impérativement ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner, l’homme est un consommateur, qui se double d’un producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi, avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au service de la société, dès avant sa conception jusqu'après sa mort, comme en témoignent des marchés du prénatal et du mortuaire particulièrement prospères. Et plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins s’accroissent – s'ajoutant à ceux qu’ils s’inventent toujours plus nombreux –, plus ils produisent, consomment, échangent et s’enrichissent aux dépens de leur habitat, avec l'aide du progrès scientifique et technique, quelles que soient les conditions du partage de leurs richesses. Qu’il s’agisse de ressources non renouvelables ou de pollution, les atteintes à l’environnement augmentent d’autant et aggravent celles d’une nature jamais avare de catastrophes inopinées ou cycliques, que la décroissance soit ou non l'aspiration de toujours améliorer sa condition, qui distingue l'homme des autre espèces animales connues.

Si la COP 25 qui vient d'avoir lieu à une fois de plus ignoré le fait démographique, les pouvoirs qui en décident – au grand jour ou dans l'ombre – doivent savoir que la planète s'en remettra, mais qu'eux-mêmes se sont une fois de plus comportés en fossoyeurs de l'humanité. Car
l'augmentation de la population humaine mondiale, avec ses répercussions sur tous les pays, est actuellement, de 250 000 chaque jour, soit en une année, la population de la France et du Benelux réunis. Et la fameuse transition démographique est telle, qu'après que cette population se soit accrue en moyenne, d'environ 10 500 individus quotidiennement depuis le début de notre ère, ce chiffre sera de 125 000 à 300 000 dans moins d'un siècle, selon les projections haute et basse du Service population de l'ONU et sauf effondrement généralisé entre temps.


mardi 31 décembre 2019

Pyramidologie sociale - Définition et méthodologie

Pour comprendre sur quoi repose précisément la pyramidologie sociale.


La pyramidologie sociale a pour objet l'observation et l'analyse de la représentation pyramidale de la société humaine ainsi que de faits et chiffres lui étant associés, en vue d'étudier la relation existant entre démographie, économie et richesse de cette société. Est de la sorte mis en évidence, par le raisonnement, soutenu par des calculs faisant référence aux propriétés de la pyramide, le caractère incontournable de cette relation, ainsi que ses conséquences économiques sociales et environnementales.

Pré-requis
- Voir par ailleurs, sur ce blog, essai de définition de la richesse et de la pauvreté :
https://claudec-abominablepyramidesociale.blogspot.fr/2017/11/pauvrete-et-richesse-essai-de.html
où il est notamment souligné que la dimension matérielle la richesse ne doit pas en en ignorer d'autres, notamment intellectuelle et morale, dont il peut être déploré qu’elles soient reléguées à l’arrière-plan d'un matérialisme sur lequel se fonde principalement la hiérarchie d’une société en déficit d’humanisme.
Quoi qu’il en soit :
- Richesse et pauvreté – en tout – existent et se définissent l’une par l’autre dans leur relativité.
- Chacun est le pauvre, ou le riche, de plus riche ou de plus pauvre que soi (cf. figure ci-après).
- Si la pauvreté a une limite qui est le niveau zéro de la richesse, cette dernière n’en a pas d’autres que les ressources de la planète et l’appétit de ceux qui la convoitent – très inégalement –, animés par l'irrépressible désir d’améliorer sa condition et celle de ses descendants ; ce qui distingue l’homme des autres espèces animales. 


Nota - Pour des raisons de simplification, il est conventionnellement admis que la pyramide soit représentée ci-après par un triangle, comme la sphère peut l’être par une circonférence. Le même souci de simplification explique le lissage des représentations schématiques qui suivent


- Catégorie sociale, qu’est-ce que c’est ?
Alors que les “classes sociales” regroupent les individus dans une logique de différenciation par niveaux de vie, de pouvoir d’achat, de revenu, avec éventuelle référence à leurs catégories socio-professionnelles (CSP), les “catégories sociales” se positionnent objectivement par rapport à une échelle de richesse globale de la société.




- Richesse globale, ou collective, de la société = Somme des richesses matérielles et immatérielles, naturelles et résultant de l’ensemble des activités et autres apports de tous les membres de la société, quelqu'en soit l'étendue : locale, nationale, mondiale, ...
Quelle que soit son importance, cette richesse globale est par définition, en toutes circonstances, partout et à toutes les époques, égale à la richesse moyenne par individu, multipliée par leur nombre (et inversement) ; ce qui autorise à la rapporter à la société considérée ainsi qu’à la pyramide qui en est une représentation généralement reconnue.


- Échelle de richesse et répartition fondamentale de celle-ci : À partir de la relation richesse-population évoquée ci-dessus, une représentation de la richesse globale peut être associée à tout moment à la pyramide sociale, sous forme d’une échelle graduée allant d’un niveau zéro, inamovible, coïncidant avec sa base, jusqu’à un maximum sans limites aligné avec son sommet, lui-même mobile et croissant sans cesse avec la population et/ou sa richesse collective.


Parts de richesse globale par catégoriesociales- Le volume de la pyramide sociale étant conventionnellement admis comme représentatif du nombre total de ses occupants (population), les pourcentages indiqués dans les schémas suivants, expriment le rapport entre la population de chaque catégorie sociale et la population de la société considérée (ici mondiale) ; la part de la richesse globale revenant à chaque catégorie sociale correspondant aux divisionde l’échelle de richesse collective. C’est ainsi qu’est démontré que dans une partition de la société en deux catégories sociale (riches et pauvres), la moitié de la richesse collective échoit à 14 % de la population et l’autre moitié à 86 %. À noter la proximité de ces chiffres par rapport au 20/80 du principe de Pareto, la variation résultant des propriétés propres au polyèdre qu'est la pyramide.



Ce constat, particulièrement important, a pour corollaires :
1° - Qu'à population constante, tout déclassement de l'un des occupants de la pyramide sociale entraîne le déclassement d'un autre en sens contraire. Sont ainsi démontrées la limite de la liberté qu'a chacun des occupants de la pyramide sociale d'agir sur sa propre condition ainsi que la conséquence d'une telle velléité, quels que soient les talents, les efforts, la chance de l'intéressé et les circonstances dans lesquelles ils s'expriment.
2° - Que toute amélioration de cette condition (déplacement vers le sommet de la pyramide sociale) requiert une augmentation du nombre de ses occupants et qu'inversement, toute réduction de ce nombre entraîne un déclassement inverse (déplacement vers la base de la pyramide sociale) de l'ensemble de sa population, sauf amélioration de la condition de l'ensemble de cette population tel qu'en est porteur le progrès, notamment scientifique et technique.


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Quel que soit le nombre de catégories sociales considérées, le calcul de la part de richesse collective revenant à chacune relève de la même logique. Il est ainsi possible d'appliquer les pourcentages obtenus à la population totale d’une pyramide sociale à une époque déterminée, pour connaître l'importance en nombre, à ladite époque, de chaque catégorie sociale dont elle est constituée.




... et se livrer à quelques comparaisons, entre époques par exemple.


... ou populations ainsi que segmentations diverses.


À propos de “l'héritage Piketty”


Ainsi Thomas Piketty propose-t'il d'attribuer quelques dizaines de millers d'euros à chacun pour réduire les inégalités sociales, en s'appuyant sur une abondance de chiffres dont certains sont pour le moins constestables, à en croire par exemple l'extrait suivant d'un article publié par Libération :(cf.https://www.lci.fr/international/les-pays-du-g7-sont-ils-vraiment-les-champions-des-inegalites-2129962.html) et plus précisément son dernier paragraphe : « Les inégalités peuvent être mesurées grâce au coefficient de Gini. C'est un indicateur synthétique sur la distribution des revenus qui varie de 0 à 1. Ici, il sera multiplié par 100, afin d'obtenir un pourcentage. Cet indicateur fonctionne de la manière suivante : dans le cas idéal, chaque habitant touche exactement le même revenu, le coefficient de Gini est alors nul. Dans le pire des cas, un seul habitant capte l'intégralité du revenu et le coefficient de Gini est alors égal à 100. Donc, plus le pourcentage est élevé, plus le pays est inégalitaire. ». Sans pondération par la démographie ni l'économie – sans parler de l'aberration consistant à amalgamer revenu et patrimoine –, quelle est dès lors la valeur des références de notre généreux distributeur des deniers d'autrui, et avec lui de bien d'autres experts en sciences dites humaines ? Ne néglige-t'il pas que dans un transfert aussi sommaire que celui qu'il préconise, quel que soit le montant alloué et le nombre de ses bénéficiaires, le sommet de l'échelle des richesses de la société ne cesse pas de coïncider avec celui de la pyramide sociale ? Cette dernière ne pouvant que s'élever d'autant, sans que son niveau zéro change d'un iota. Seul en résulte un creusement des inégalités sociales qui y règnent et ne cessent d'augmenter depuis toujours, avec la population humaine et un développement économique résultant de ses besoins.

C'est pour n'avoir jamais pris en compte le caractère, immuable par définition, de ce niveau zéro de la richesse auquel logent les plus démunis d'entre nous – par différence avec celui de son sommet qui n'a pas d'autres limites que celles des ressources dont elle est tirée et l'ambition de ceux qui la convoitent – que les “pauvres profonds” (vivant avec moins de 2 dollars par jour) se comptent actuellement par milliards – autre exemple de l’invalidité des chiffres de référence de nos experts en sciences humaines : le fait que leurs évaluations du nombre de ces pauvres profonds va du simple au triple –, soit plusieurs fois la population de la planète au début de notre ère, toutes conditions sociales confondues ; quel que soit le nombre de ceux qui échappent à la pauvreté profonde : riches, représentants des classes moyennes, “pauvres ordinaires”.


jeudi 19 décembre 2019

Questions à tous les experts en sciences dites humaines



En ces temps de bouleversements environnementaux, politiques, religieux, sociaux ; alors que se multiplient, dans un véritable hymne au marxisme, articles et ouvrages allant jusqu'à la bouffonnerie à grand tirage voyant encore dans la lutte des classes le seul remède contre les inégalités sociales, la Terre porte 1 à 2 milliards de pauvres profonds (vivant avec moins de 2 dollars par jour), soit 4 à 8 fois sa population, toutes conditions confondues, 2 millénaires plus tôt, à une époque généralement considérée comme le début de l’entreprise civilisatrice de l’humanité à l’échelle planétaire. Ceci quelles que soient les croyances et opinions des uns et des autres ainsi que le nombre de ceux qui ont le bonheur d’échapper à l’extrême précarité ; sachant que dans la relativité des notions de richesse et de pauvreté, 86% des êtres humains – les pauvres de tous niveaux – se partagent structurellement 50% d’une richesse commune accumulée au cours des siècles et profitant par définition à tous, l’autre moitié allant aux 14% restant : les riches.
Rien à voir avec le fameux 1% censé s’approprier 80% de cette richesse, proclamé comme pour exacerber la frustration des moins favorisés en la nourrissant d’un amalgame à la Prévert entre PNB, PIB, patrimoines individuels et commun, capital, revenu, salaire, rente, rémunération du travail et du capital, satisfaction de besoins vitaux et superflus, inégalités et altérité… tout en négligeant ou tenant pour honteux, l'ambition, l’initiative, la responsabilité, l’investissement et le goût du risque.

 Après les innombrables jacqueries et révolutions qu’a connu l’humanité au cours des millénaires, l’extrême misère d’un prolétariat occidental cristallisé de fraîche-date par une industrialisation naissante, s’ajoutant à celle de millions de serfs vivant un autre temps aux confins de l’Europe, a suscité une fraternelle compassion dont naquit le marxisme. Mais c'est ce marxisme qui inspirera à son tour, par réaction ou surenchères non dénuées d'émotion et d'arrière-pensées, ces fléaux qu’ont été le communisme, le fascisme, du Caudillo au Duce, le nazisme, le maoïsme, etc. autant de doctrines qui perdurent et prospèrent sous diverses formes en de nombreux endroits de la planète en ne faisant qu’aggraver la condition humaine. Car si la misère la plus profonde a pu susciter le marxisme et expliquer son avènement, il n’en demeure pas moins qu’il s’agit d’une doctrine sommaire ; au plus haut point contestable dans ses dérives, en raison de ses débordements idéologiques, d’une absence d’éthique, d’une incitation à la haine ; en bref, d’un obscurantisme laïc n’ayant rien à envier au religieux. https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2018/05/un-autre-marx.html.
C’est pourtant le marxisme qui constitue de nos jours, consciemment ou non, la référence de la plupart des économistes et autres experts en sciences humaines, qu’ils soient de droite comme de gauche, relayés par la grande majorité des média.

Mais c’est surtout l’ignorance des dimensions démographique et environnementale inhérentes à tout processus économique et social qui caractérise cette pensée dominante, nobélisée ou non ; soumise au tabou dont sont frappées toutes questions de population et a fortiori de surpopulation. C’est leur compassion, dévoyée par une idéologie faisant l’impasse sur les fondamentaux de la condition humaine, qui leur fait négliger que tous les maux de notre société n’ont pas d’autre histoire que celle de la relation économie-démographie. C’est ainsi qu’ils s’interdisent et interdisent à ce dont ils ont abusivement fait une science :
    — L’éradication de la pauvreté profonde.
    — La maîtrise des inégalités sociales.
    — La réconciliation de l’humanité avec son environnement.
En effet, sauf à contester les fondamentaux ci-après :
    — Le développement économique résulte de nos besoins et non le contraire.
    — Richesse et pauvreté, en tout, existent l’une par l’autre et sont relatives, comme elles l’ont toujours été.
    — L’enrichissement de l’humanité a toujours été tiré de ses activités et des ressources que lui offre son habitat.
    — Les hasards de sa naissance insèrent chacun dans la pyramide sociale selon ses antécédents génétiques, sociaux et culturels, quels que soient les aléas heureux ou malheureux de l’existence de chacun par la suite.
    — Où que ce soit et sous tous les régimes, un pauvre ne peut enfanter que des pauvres comme un riche ne peut donner naissance qu’à des riches. 
    — C’est notre enrichissement, obtenu dans le libéralisme comme dans le dirigisme, qui a toujours et partout permis de financer le progrès scientifique et technique, pour toujours plus de développement économique, au bénéfice d’une population croissant sans cesse dans la négligence de son environnement.
Autant de vérités qu’il s’agit de reconnaître, pour les maîtriser par la raison plutôt qu’en exacerbant un stérile antagonisme entre des classes sociales condamnées à coexister envers et contre tout. Sans pauvres point de riches et inversement, avec ou sans suppression de l’héritage – non limitativement matériel – qui les différencie à la naissance ; mesure ne conduisant qu’à accroître la richesse collective autrement que par la confiscation pure et simple ou l’impôt, sans en modifier la redistribution au long cours, soumise au caractère pyramidal de la société, en perpétuelle affirmation et reconstitution de lui-même.

Parce qu’il doit impérativement ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner, l’homme est un consommateur. Il l’est depuis sa conception jusqu’après sa mort – les marchés du prénatal et du funéraire en attesteraient s’il en était besoin – et il se double d’un producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi, avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au service de la société, mais aux dépens de la planète et de ses autres occupants. Et plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins s’accroissent – outre ceux qu’ils s’inventent toujours plus nombreux –, plus ils produisent, consomment, échangent et s’enrichissent, avec l’aide du progrès scientifique et technique. Qu’il s’agisse de ressources non renouvelables ou de pollution, les atteintes à l’environnement augmentent d’autant et s’ajoutent à celles d’une nature jamais avare de catastrophes inopinées ou cycliques.

Tous les malheurs du monde en découlent, sans cesse attisés par des pouvoirs – à commencer par le religieux et le politiques – moins soucieux du bien-être que du nombre de ceux sur lesquels ils se fondent, règnent et prospèrent ; qu’il s’agisse de fidèles, de sujets, de citoyens électeurs et contribuables, ou de simples adhérents, membres ou partisans.

Comment nier cette évidence, dans son rapport avec le caractère incontournablement pyramidal d’une société, dans laquelle les pauvres se multiplient structurellement à une cadence pouvant atteindre plus de 20 fois celle des riches, selon sa partition ? Jusqu’où ira cette société sous la pression de centaines de milliers d’êtres humains venant s’ajouter quotidiennement à sa population ; le sommet de sa pyramide sociale hypertrophiée s’éloignant toujours plus de sa base et les écarts de richesse en tout se creusent d’autant ? Ne suffit-il pas pour s’en inquiéter de savoir que la transition démographique est telle qu’après que la population humaine mondiale ait crûe, en moyenne, de plus de 10 000 individus chaque jour depuis le début de notre ère, ce chiffre sera, selon hypothèses haute ou basse des projections du service population de l’ONU, de l’ordre de 125 000 à plus de 300 000 dans moins d’un siècle, après avoir dépassé les 250 000 aujourd’hui ?

Et n’est-il pas remarquable que nul expert en sciences humaines semble avoir jamais entrevu ou dénoncé le fait que si l’enrichissement individuel comme collectif n’ont aucune limites autres que le nombre et l’ambition de ceux qui les convoitent et les ressources dont ils les tirent, la pauvreté a la sienne, qui est le niveau zéro de la richesse ?

C’est contre cette fatalité qu’il faut lutter ; pas davantage par la charité que par des combats primitifs qui en la négligeant, voire en la niant, ne font que l’aggraver depuis toujours, mais en inventant sans a priori idéologique la manière d’isoler les plus défavorisés de la base de la pyramide sociale, plutôt que de s’obstiner dans une lutte des classes sans effets sérieux ni durables, dont attestent :
    — La multiplication, au cours des siècles, des êtres humains privés du minimum de bien-être et de dignité.
    — La croissance structurelle incessante des inégalités sociales.
    — La rémanence des revendications des plus défavorisés.

Ne serait-ce pas agir avec bon sens que d’en tenir compte, au lieu de s’obstiner à ignorer, nier et défier la condition humaine ? Car qui peut prétendre vaincre un ennemi qui n’a pas d’abord été identifié et reconnu comme tel ? Or, au contraire, la lutte des classes est devenue une lutte entre pauvres et riches, mot d’ordre d’un new-marxiste planétaire bafouant avec toujours plus de sotte vanité une condition humaine selon laquelle ces pauvres et riches existent incontournablement les uns par les autres.

Telles sont les questions que doivent se poser ceux qui, partout dans le monde, n’ont jamais fait rien d’autre que de se heurter obstinément aux limites de cette condition, dont nous sommes tous prisonniers sans trop souvent seulement les concevoir.

jeudi 5 décembre 2019

COP 25



L'histoire de l'humanité n’est rien d’autre que celle de la relation économie-démographie, celle-ci conditionnant celle-là et non le contraire. Et c’est par ignorance, voire négation de cette relation fondamentale ainsi que de son évolution, que l'homme s'interdit entre autres conséquences, de se réconcilier avec son environnement. À quoi sert en effet la réduction de la consommation d'énergie, la frugalité et autres mesures, tout autant vouées à l'échec si la population de consommateurs ne cesse d'augmenter ?

Cette augmentation est actuellement, mondialement, de 250 000 chaque jour, soit en une année, la population de la France et du Benelux réunis. Et la transition démographique est telle qu'après que la population humaine mondiale se soit accrue en moyenne, d'environ 10 500 individus quotidiennement depuis le début de notre ère, ce chiffre se “réduira”, au mieux, à 125 000 dans moins d'un siècle, sauf effondrement généralisé entre temps.

Sans compter que la décroissance est contraire à l'aspiration de toujours améliorer sa condition, qui distingue l'homme des autre espèces animales connues.

Outre cela, parce qu’il doit impérativement ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner, l’homme est un consommateur, qui se double d’un producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi, avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au service de la société. Et plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins s’accroissent – s'ajoutant à ceux qu’ils s’inventent toujours plus nombreux –, plus ils produisent, consomment, échangent et s’enrichissent aux dépens de leur habitat, avec l'aide du progrès scientifique et technique, quelles que soient les conditions du partage de leurs richesses. Qu’il s’agisse de ressources non renouvelables ou de pollution, les atteintes à l’environnement augmentent d’autant et aggravent celles d’une nature jamais avare de catastrophes inopinées ou cycliques.

Si la COP 25 ignore le fait démographique comme ses éditions précédentes, les pouvoirs qui en décident – au grand jour comme dans l'ombre – doivent savoir que la planète s'en remettra, mais qu'eux-mêmes se seront une fois de plus comportés en fossoyeurs de l'humanité.

vendredi 29 novembre 2019

Nouveau plaidoyer pour un revenu universel minimum et inconditionnel - RUMI


Au moment où, comme un hommage au marxisme, la France est sous les feux de la rampe médiatique, avec le classement mondial de ses écoles d'économie ; les pavés de Thomas Piketty ; le Nobel décerné à Esther Duflo ; l'élévation du non moins nobelisé Joseph Stiglitz à la dignité de docteur honoris causa de l'ENS de Lyon, etc. l'humanité compte. 1 à 2 milliards de pauvres profonds, soit 4 à 8 fois sa population 2 millénaires plus tôt, toutes conditions confondues ; à une époque généralement considérée comme le début de son entreprise civilisatrice à l'échelle planétaire. Ceci quel que soit le nombre de ceux qui ont le bonheur d'échapper à la pauvreté ; sachant que dans sa relativité, 86% des êtres humains – les pauvres de tous niveaux – se partagent aussi mathématiquement qu'incontournablement 50% d'une richesse commune accumulée au cours des siècles et profitant par définition à tous, l'autre moitié allant au 14% restant : les riches – cf. “Pyramidologie sociale”, méthodologie. Nous sommes loin du fameux 1% censé s'approprier 80% de cette richesse, dans un délire de frustration se nourrissant d'un amalgame à la Prévert, entre PNB, PIB, patrimoines individuels et commun, capital, investissement, revenu, salaire, rente, rémunération du travail et du capital, satisfaction de besoins vitaux et superflus, etc.

Après les innombrables jacqueries et révolutions qu'a connu l'humanité au cours des millénaires, l’extrême misère d’un prolétariat occidental cristallisé de fraîche .par une industrialisation naissante et celle au moins équivalente de millions de serfs vivant un autre temps aux confins de l’Europe ont suscité ce marxisme qui inspirera à son tour, par réaction ou surenchères, ces autres fléaux qu'ont été notamment le fascisme du Caudillo, celui du Duce et le nazisme, le maoïsme, etc. autant de doctrines qui perdurent et prospèrent sous diverses formes en de nombreux endroits de la planète en ne faisant qu'aggraver la condition humaine.

Or, si la misère la plus profonde et la révolte qu’elle peut susciter peuvent avoir légitimé son avènement, il n’en demeure pas moins que le marxisme, de même que ses résultats, sont au plus haut point contestables, par absence d’éthique, incitation à la haine, abus idéologiques, corporatisme, et développement d'un obscurantisme laïc n'ayant rien à envier au religieux. C'est pourtant ce marxisme, sous couvert de compassion, qui constitue la référence de la plupart des économistes et autres experts en sciences dites humaines.

Mais c'est surtout l'ignorance des dimensions démographique et environnementale inhérentes à tout processus économique et social qui caractérise nos maîtres à penser, qu'ils soient de droite comme de gauche., nobélisés ou non ; probablement par respect du tabou dont sont frappées toutes questions de population et a fortiori de surpopulation. C'est leur compassion, dévoyée par une idéologie sommaire, qui leur fait méconnaître que tous les maux de notre société n’ont pas d’autre histoire que celle de la relation économie-démographie, et que c'est ainsi qu'ils s'interdisent et interdisent à ce dont ils prétendent non sans abus faire une science :
— l'éradication de la pauvreté profonde
— la maîtrise des inégalités sociales
la réconciliation de l'humanité avec son environnement.

Sauf à contester les fondamentaux ci-après :
- L'économie résulte des besoins, vitaux et autres, des hommes et non le contraire.
- Richesse et pauvreté en tout, existent l’une par l’autre et sont relatives, comme elles l'ont toujours été.
- Où que ce soit et sous tous les régimes politiques, un pauvre ne peut enfanter que des pauvres, comme un riche ne peut donner naissance qu’à des riches ; quels que soient les aléas heureux ou malheureux de l’existence de chacun par la suite.
- L’enrichissement individuel comme collectif n’ont aucune limites autres que celles de l’ambition de ceux qui le convoitent et les ressources dont ils les tirent.
- C'est cet enrichissement, qu'il soit obtenu dans le libéralisme ou le collectivisme – qui a toujours et partout permis de financer le progrès scientifique et technique, pour toujours plus de développement économique et d'amélioration de la condition humaine.

Telle est la condition humaine fondamentale, énoncée en autant de vérités qu'il s'agit d'en maîtriser, par la raison plutôt qu'en exacerbant un stérile antagonisme entre des catégories sociales indissociables, riches et pauvres existant incontournablement les uns par les autres.

Les hasards de sa naissance insèrent chacun dans la pyramide sociale selon ses antécédents génétiques, sociaux et culturels ; situation que la lutte des classes n’a jamais ni nulle part changé d’un iota, avec ou sans suppression de l’héritage ; mesure qui ne conduirait au demeurant qu’à accroître la richesse collective autrement que par les voies habituelles que sont la confiscation pure et simple ou l’impôt, sans modifier le caractère pyramidal de la répartition des richesses comme de la société, lequel refuse toute forme d’égalité.

N'est-il pas par contre remarquable que Marx, pas davantage que les experts en sciences humaines de droite comme de gauche, du centre comme des extrêmes, ait jamais dénoncé le fait que si l’enrichissement individuel comme collectif n’ont aucune limites autres que le nombre et l’ambition de ceux qui les convoitent et les ressources dont ils les tirent, LA PAUVRETÉ A LA SIENNE, QUI EST LE NIVEAU ZÉRO DE LA RICHESSE ?

C’est cette situation qu’il faut vaincre ; non par des combats primitifs qui en l’ignorant ne font que l’aggraver depuis toujours, mais en inventant – sans a priori idéologique de quelque tendance que ce soit – les moyens d'isoler la pauvreté de ce niveau zéro de la richesse.