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celui-ci est ouvert à la suite de l'avant-propos.

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AVANT-PROPOS

Extrait d'un article pouvant être lu en entier à l'adresse ci-après https://pyramidologiesociale.blogspot.com/2020/04/introduction-la-pyramidologie-sociale.html

Que la société des hommes soit hiérarchisée et tissée d’interdépendances n’implique, de la part de ceux qui se rendent à cette évidence, ni résignation ni le moindre abandon de la plus petite parcelle de ce qui les distingue du reste du vivant connu, qui est leur volonté et leur capacité de toujours améliorer leur condition.

Et reconnaître la pyramide comme représentative de cette société, n’est pas davantage s’égarer dans l’ésotérisme.



C’est, pragmatiquement, une façon de discerner par l’observation de la réalité, sans davantage de prétentions scientifiques que métaphysiques, l’origine profonde des maux d’ordre sociétal dont souffre l’humanité, et se donner ainsi la possibilité de les combattre en connaissance de cause. Car au lieu de cela, plus l’homme s’avance sur le chemin du progrès, moins la vanité qu'il en tire tolère cette vision pyramidale de sa condition, allant jusqu’à la refuser sous prétexte d’incompatibilité, tant avec sa dignité qu’avec son idéal de justice sociale. Or la cause majeure des difficultés qu’il éprouve dans la poursuite d’un tel idéal ne résulte-t-elle pas précisément de son aveuglement, puisqu’il se prive ce faisant d’un moyen essentiel de connaître, au-delà de ses croyances religieuses, politiques, économiques et sociales érigées en dogmes, les lois et mécanismes fondamentaux qui régissent ses rapports avec ses semblables et leur environnement commun ? Qui peut prétendre avoir jamais vaincu un ennemi qu’il n’a pas identifié ?

Ce sont ces mécanismes qu'étudie la pyramidologie sociale, dans leur vérité parfois cruelle mais fondamentale, mettant en évidence la relation incontournable qui existe entre la structure de la société humaine, le nombre de ceux qui la composent, et l’accroissement constant de leurs richesses communes ; matérielles ou immatérielles ; naturelles comme résultant de l’ensemble des activités et autres apports de ses membres, quel que soit le groupe considéré, jusqu'au niveau mondial.

jeudi 30 mai 2019

Raccourcis (Suite N° 1)

Le lecteur libre-penseur est cordialement invité à s'appropier, adapter, décliner, enrichir, ... ces "raccourcis", et à les partager sans modération, notamment sous forme de tweets.

— L’écologie dépend, avant toute autre considération, de la population humaine mondiale et de sa prédation, telle qu'elle résulte de ses besoins et de ses déchets. Tout rééquilibrage durable du rapport entre cette population et son habitat ne pourra être obtenue que par la dénatalité humaine.
— L'empreinte écologique de l'humanité atteignant le double de ce que peut supporter son habitat, la population humaine mondiale devra être réduite d'au moins la moitié et stabilisée à ce niveau, en même temps que ceux qui bénéficient des meilleures conditions d'existence devont réduire leur train de vie.
— Rien de sérieux ni de durable ne se fera sans lutter contre la surpopulation humaine, qui augmente à une cadence supérieure à 250 000 terriens supplémentaires quotidiennement, soit près de 100 millions par an, ou la population de la France et du Benelux réunis.
— Tous ceux qui de tous temps ont encouragé sans discernement la prolifération humaine, et continuent de le faire, sont responsables des plus grands maux dont aient jamais été victimes l’humanité et la planète qui l’abrite.
— Tout pouvoir s’exerce sur ceux sur lesquels il se fonde et qui le nourrissent, qu'il s'agisse de disciplesde partisansd'électeurs, etc. C'est ainsi que le nombre de ces derniers est naturellement conduit à passer avant leur bien-être.
— Outre ses besoins en chair à boulot et à canons, notre civilisation et la planète paient la promesse faite par les uns de « faire la conquête du monde par le ventre de leurs femmes », après que d'autres aient – dans la même intention – incité l'homme à « croître et multiplier ».
 La vie humaine est devenu uinstrument au service de tous les pouvoirs, lesquels ont pu proclamer cyniquement : “Il n'est de richesse que d'hommes”.
— La cause première des maux dont souffrent notre civilisation et la planète est une population humaine surnuméraire au point de devenir ingouvernable et dont la prédation a atteint la démesure. C’est donc là qu’il faut porter d’urgence tous les efforts, en intensifiant la dénatalité partout où elle s’impose. Toute forme d'écologie doit être avant tout DÉNATALISTE.
— Croissance et progrès sont indissociables et répondent au besoin d’améliorer sa condition qui distingue l’homme des autres espèces. Par contre, la prolifération des humains a ruiné la planète et condamne à disparaître toutes les espèces qui la peuplent.
— La population mondiale continuant d’augmenter de 250 000 individus chaque jour, avec toutes conséquences sur le futur de la planète et de tous ses habitants, ceux-ci partageront plus facilement leurs malheurs à venir que leur  prospérité passée.
— Par les effets de sa prolifération, l'homme a le choix entre continuer de se multiplier sans discernement, ou ajouter sa propre espèce à la longue liste de celles qui sont en voie d'extinction à bref terme, sans parler des conditions de cette extinction.

samedi 18 mai 2019

Raccourcis

Lassé de s'évertuer à proposer des articles suscitant trop peu de réactions, en dépit d'un nombre appréciable de visites (une dizaine de milliers mensuellement), l'auteur a décidé de sacrifier à l’usage des réseaux sociaux, qui véhiculent les idées sous des formes souvent proches de l’aphorisme. Il résumera dès lors de temps à autre sa réflexion, telle qu'elle lui a dicté ce blog, à coups de raccourcis proches du tweet, livrés en vrac et éventuellement assortis de liens.
Chacun est cordialement invité à participer par ses commentaires, selon ses propres idées.

Rappel

« Tout être humain est avant toute autre activité ou toute autre opinion un consommateur » (Gaston Bouthoul in Traité de sociologie, tome II, p. 180 – Payot 1968.) »

Parce qu’il doit impérativement ne serait-ce que se nourrir, se vêtir, se loger et se soigner, l’homme est un consommateur. Il l’est depuis sa conception jusqu’après sa mort – comme en attestent les marchés du prénatal et du funéraire – et se double d’un producteur dès qu’il est en âge de travailler. Il est ainsi, avant toute autre opinion ou considération, un agent économique au service de la société, mais aux dépens de son environnement. Et plus le nombre de ces agents augmente, plus leurs besoins s’accroissent – outre ceux qu’ils s’inventent toujours plus nombreux –, plus ils produisent et s’enrichissent collectivement, quelles que soient les conditions du partage de leur richesse. Qu’il s’agisse de ressources non renouvelables ou de pollution, les atteintes à l’environnement augmentent d’autant et s’ajoutent à celles d’une nature jamais avare de catastrophes inopinées ou cycliques.

Le progrès comme tous les malheurs du monde en découlent.

Comment nier cette évidence, dans son rapport avec le caractère pyramidal de notre société, non moins incontournable que la relativité d'une richesse et d'une pauvreté qui existent existent l'une par l'autre ? Un destin aveugle assigne à chacun, à sa naissance, sa place au sein de cette pyramide sociale dans laquelle les pauvres se multiplient structurellement à une cadence qui peut être 6 à 20 fois celle des riches, selon la partition de la société ? Jusqu’où irons-nous, alors qu'elle s’hypertrophie toujours plus, sous la pression de 250 000 êtres humains supplémentaires qui viennent s'ajouter quotidiennement à sa population et que son sommet s’éloigne ainsi incessamment de sa base, les écarts de richesse entre ses occupants se creusant inéluctablement d’autant ?

10 Raccourcis

- 1 - L'humanité ne vit pas une crise politique ni même de société, comme bon nombre d'entre nous le croient encore ; elle vit les débuts d’un drame qui peut être fatal à la civilisation, à bref terme. Les êtres humains en douteront-ils encore en y succombant ?

- 2 - Vaut-il mieux le progrès et un bien-être inégal pour 3 ou 4 milliards d’humains, dans le respect de leur environnement, ou la stagnation dans une indigence égalitariste et le saccage de la planète, par bientôt 11 milliards et plus de ravageurs ?
Réponse : Si ce qui distingue l'humanité des autres espèces animales est bien sa volonté et sa capacité de toujours améliorer sa condition, la première option est incontestablement celle que nous devons choisir.

- 3 - Toute croissance démographique nécessite plus de développement, entraînant à son tour une perte d’habitat, davantage de pollution et une augmentation des émissions de gaz à effet de serre.

- 4 - L’écologie n’a ni parti ni patrie. Toute tentative d’appropriation est contre-productive, une obligation s’imposant à toute proposition, pour lui conférer un caractère viable et durable : Favoriser la réduction et la stabilisation de la population humaine pour les générations futures par la dénatalité, partout où cela est nécessaire.

- 5 - Avant la frugalité de l’espèce humaine, la décroissance énergétique repose sur le nombre de consommateurs qui la représentent. Seule solution viable et durable : Réduire et stabiliser la population humaine par la dénatalité. ÉCOLOGIE DÉNATALISTE

- 6 - Qui peut prétendre faire dans « l’équitable » et le “bio” en quoi que ce soit, quand l’air et de l’eau sont d’ores et déjà pollués au-delà du tolérable en maints endroits de la planète ? Seule solution viable et durable : commencer par réduire et stabiliser la population humaine, par la dénatalité. Tout en dépend.

- 7 - La vérité seule importe face à la réalité sociale et environnementale. Quel qu’en soit le prix, c’est celui à payer par l’humanité pour assumer ses erreurs. Tant à des fins environnementales que sociétales, une forme d’écologie conditionnant toutes les autres s’impose d’urgence : l’ÉCOLOGIE DÉNATALISTE

- 8 - Toutes les générations se sont vu reprocher par leurs suivantes un état des lieux (société et planète) s'étant constamment détérioré, notamment depuis la naissance de l'industie. Reste à souhaiter aux générations qui manifestent aujourd'hui qu'il n'en sera pas de même pour elles.

- 9 - Tout investissement ne donnant pas la priorité à la lutte contre la surnatalité humaine est vain et contraire aux intérêts à terme de la planète et de toutes les espèces qui la peuplent.

- 10 - La remise en cause du régime omnivore de l’espèce humaine est rendue nécessairre par sa prolifération. Et à la cadence de 250 000 consommateurs supplémentaires quotidiennement, nul doute qu’après l’agriculture et l’élevage intensifs, viendra le temps du maraîchage intensif. Quand tout sera bio, plus rien ne le sera.


... À suivre

lundi 6 mai 2019

Notre planète, qui va rétrécissant.


Vaut-il mieux le progrès et un bien-être inégal
pour 3 milliards d’humains,
dans le respect de leur environnement,
ou la stagnation dans une indigence égalitariste
et le saccage de la planète, par 11 milliards et plus ?
That's the question !

Extrait en français de “Our Shrinking Planet" de Livi Bacci Massimo (2017, Cambridge, UK, Medford, MA Polity Press, IX-160 p.), publié sous la signature de Jacques Véron dans Population 2018/4 (Vol. 73), pages 844 à 846; Mis en ligne sur Cairn.info le 03/05/2019

Après avoir fait l’objet de vifs débats, la question de la croissance démographique mondiale a eu tendance à être délaissée. Certes, le taux de croissance n’est plus supérieur à 2 % par an comme en 1965-1970, mais selon la variante moyenne des projections des Nations unies, la population mondiale s’accroîtrait de plus de 4 milliards d’ici la fin du siècle.

Dans son livre à succès The Population Bomb, paru en 1968, Paul R. Ehrlich accusait la population d’être en dernier ressort responsable de tous les maux de la planète. En 1972, le rapport de Barbara Wardet René rappelait que « nous n’avons qu’une terre » pour satisfaire nos besoins et qu’il fallait donc la ménager, tandis que le rapport Meadows mettait en avant « les limites à la croissance », économique comme démographique. En 1987, le rapport Brundtland insistait sur « notre avenir commun » et contribua à populariser le concept de développement durable. En 2014, l’intention affichée d’un livre dirigé par Ian Goldin était de savoir si la planète était « pleine ». Massimo Livi Bacci, quant à lui, s’intéresse à une planète qui « rétrécit ».

Il part du constat que notre planète est 1 000 fois plus petite qu’il y a 10 000 ans, lors de l’apparition de l’agriculture. Chaque être humain disposait alors, en moyenne, de 13 km2 de terre (soit un quart de l’île de Manhattan) alors qu’il doit aujourd’hui se contenter de l’équivalent d’un terrain de football pour se nourrir, se loger, se déplacer, etc. Par ailleurs, on voyage à une vitesse 1 000 fois supérieure à celle de l’expédition de Magellan-Elcano en 1519 (avec le premier tour du monde en un peu plus de 1 000 jours), et un habitant des pays les plus riches consomme 100 fois plus d’énergie qu’au temps de la naissance de l’agriculture. Enfin, le développement économique est particulièrement inégal : le revenu par tête du pays le plus riche est 400 fois supérieur à celui du pays le plus pauvre. Alors, comment croire à « la fin de la démographie », sous le seul prétexte que la croissance démographique mondiale s’est ralentie ?

L’équilibre millénaire entre instinct de survie et instinct reproductif s’est rompu. La biologie ne dicte plus les comportements démographiques. Des innovations ont permis davantage de choix, en matière de reproduction par exemple : la contraception permet de décider du nombre et de l’espacement des naissances. Alors pourquoi un équilibre se maintiendrait-il ? Au demeurant, la basse fécondité de certains pays d’Europe et d’Asie de l’Est joue en faveur d’une seconde transition démographique conduisant à un déséquilibre structurel entre natalité et mortalité et à un vieillissement démographique.

La pression démographique qui s’exerce sur la planète ne peut être considérée indépendamment des modes de vie. Dans un chapitre consacré à la terre, à l’eau et à l’air, Massimo Livi Bacci précise certains enjeux environnementaux liés à la croissance de la population. Aujourd’hui, 46 % des surfaces disponibles sont mobilisées pour nourrir la planète, alors qu’en 1700 il suffisait d’environ 8 %. Avec les terres absorbées par l’urbanisation, les activités économiques et les infrastructures de transports, c’est plus de 54 % de la surface totale des terres disponibles qui se trouvent « anthropisées ».

Le chapitre consacré à l’adaptation et à l’autorégulation conduit l’auteur à envisager la dynamique des populations en se référant au concept de système démographique. Existerait-il une « main invisible » garantissant un retour à l’équilibre lorsqu’il a été rompu ? Les crises démographiques du passé ont été suivies de phases de récupération, mais dans les systèmes démographiques contemporains, l’influence des facteurs naturels est moindre et la liberté de choix des individus plus importante. Par ailleurs, quelle est la signification démographique du principe de durabilité (ou de soutenabilité) ? Durabilité ne signifie ni invariance de la répartition de la population mondiale, ni homogénéisation progressive des comportements démographiques. Pour l’auteur, il ne saurait y avoir de développement durable sans accélération des investissements et transferts technologiques, et sans ralentissement de la croissance démographique.

Disparités démographiques et inégalités économiques sont des facteurs de mobilité des populations. Massimo Livi Bacci présente le défi du développement au regard des migrations internationales sous la forme d’une alternative radicale : soit les pays pauvres deviendront plus riches, soit les pauvres se rendront dans les pays riches. Si les États sont en droit de contrôler les migrations, ils ne le sont pas de fermer leurs frontières aux demandeurs d’asile. La montée de la xénophobie et du racisme comme la venue de migrants de cultures très différentes de celle des pays d’accueil font de la migration une question très sensible. Envisageant le système migratoire global, en lien avec une plus grande facilité des transports et un moindre coût, et avec une information mondialisée, il en vient à constater que la migration prend une place grandissante dans la stratégie socioéconomique des individus. Le système migratoire est global mais il évolue avec de nouveaux lieux de destination : l’Afrique du Sud par exemple. Puisqu’il existe une instance de gouvernance du commerce mondial, pourquoi n’y aurait-il pas une gouvernance des migrations internationales, se demande l’auteur. Il lui incomberait en particulier de veiller au respect des droits des migrants. Rappelons incidemment que le parlementaire français Albert Thomas, premier directeur du Bureau international du travail, tenta lors de la Conférence mondiale sur la population de Genève en 1927 de convaincre la communauté internationale de l’utilité d’une autorité supranationale pour réguler la population et diriger les flux migratoires. Pour l’auteur de The Shrinking Planet, c’est un paradoxe non soutenable et inacceptable que le monde ne puisse être véritablement « mobile ».

Comment évolue la durée de la vie humaine et quels sont les effets de cette évolution sur les sociétés ? L’âge au décès maximal (celui de la personne qui meurt la plus âgée chaque année) s’accroît. Si les progrès passés se poursuivent dans l’avenir, le record de Jeanne Calment de 122 ans pourrait être égalé à la fin du siècle. Existe-t-il une limite à la progression de l’espérance de vie ? Peut-on imaginer qu’on atteigne ou même dépasse à terme une espérance de vie de 100 ans ? Grâce à la lutte contre les maladies liées au grand âge, la survie de ces personnes s’est accrue. Mais les rendements peuvent être décroissants. Comment évoluera la durée de la vie ? Quels progrès attendre de la biologie ? Et qu’en est-il de la qualité de la vie aux grands âges ? Y-a-t-il « compression » (les individus souffriraient de handicaps surtout en toute fin de vie) ou « expansion » (avec un progrès médical permettant à des gens fragiles de survivre sans que leur état de santé soit bon) ? Et dans quelle mesure une importante augmentation de la durée de vie est-elle « soutenable » ? Pour y répondre, différentes dimensions doivent être prises en compte, en gardant à l’esprit qu’il existe des relations d’interdépendance entre variables relevant de différents champs (démographique, biologique, économique, politique, etc.). Sur un plan biologique, le constat peut être fait de maladies émergentes (Sars, Ebola, etc.). D’autres maladies sont liées au mode de vie, comme le tabagisme. L’accès à un système de santé universel et gratuit est un enjeu, d’autant plus que les progrès technologiques dans le domaine médical augmentent considérablement les coûts de la santé. Avec une espérance de vie de 80 ans et a fortiori de 100 ans, la part des plus de 60 ans est très élevée (respectivement plus de 30 % et près de 50 %) : qu’en serait-il de la répartition des activités économiques et des rôles sociaux ? S’il convient d’introduire un maximum de flexibilité, comme le souhaite l’auteur, dans quelle mesure est-ce vraiment possible ? Comment peuvent coexister « durablement » quatre, voire cinq générations dans des sociétés qui se renouvellent très lentement ?

En fin de volume, l’auteur en vient à critiquer le rôle joué par des institutions internationales qui se sont bureaucratisées et ont pu, comme l’ONU, adopter des objectifs de développement durable (ODD) déclinés en 169 objectifs et 302 indicateurs, faisant de la gouvernance mondiale une « science-fiction ». Et dans le même temps la planification familiale ou les migrations internationales sont négligées. Dans l’épilogue, l’auteur résume en sept points ce qui doit préoccuper les sociétés et les institutions internationales : la basse ou très basse fécondité dans certains pays, la persistance d’une fécondité élevée dans d’autres, le déséquilibre des sexes à la naissance dans certains pays d’Asie, le piège malthusien dans lequel se trouve encore une grande partie de l’humanité, les conséquences environnementales du développement économique et social indispensable pour que des populations nombreuses échappent au piège malthusien, l’ « anthropisation » du monde et la répartition en partie désordonnée des individus sur terre, enfin une migration internationale qui, en l’absence d’encadrement, n’est pas régulée et ne permet pas que les droits des migrants soient respectés.

Dans cet ouvrage de format relativement réduit mais très documenté, Massimo Livi Bacci invite à ne pas sous-estimer l’importance du « facteur démographique » lorsqu’il est question de développement et d’environnement, sans pour autant être tenté par le catastrophisme. Une position plus difficile à défendre qu’il n’y paraît : reconnaître la complexité des relations sans dissuader d’agir. Le développement se doit d’être durable mais aussi partagé. Et pour promouvoir un tel développement, les dynamiques démographiques doivent être prises au sérieux. C’est ce dont nous convainc Massimo Livi Bacci.

vendredi 3 mai 2019

À propos de démographie africaine

Traduction (automatique) d'un article publié cette semaine par PMC - Population Media Center https://www.populationmedia.org/, faisant le point sur l'évolution de la démographie africaine et l'action de l'un de ses principaux régulateurs.




Ruth Levine, directrice du programme Développement mondial et Population de la Fondation William et Flora Hewlett, quittera son poste à la fin du mois de mai. Alors que son mandat de huit ans touche à sa fin, comment le programme a-t-il évolué sous la direction de Levine et que signifie sa sortie pour l'avenir? Ces questions ont des implications plus larges pour la philanthropie du développement mondial, dans la mesure où Hewlett est l'un des principaux bailleurs de fonds américains travaillant dans ce domaine - attribuant 106 millions de dollars pour ses initiatives mondiales rien qu'en 2018. 

Levine est arrivée chez Hewlett en 2011 après avoir travaillé pour l’Agency for International Development des États-Unis, où elle a occupé le poste de sous-administratrice adjointe au Bureau de la politique, de la planification et de l’apprentissage, et a notamment dirigé la création de la politique d’évaluation de l’agence . Avant d'USAID, elle a passé près de 10 ans au Center for Global Development en tant que chercheuse principale et vice-présidente des programmes et des opérations, façonnant ainsi l'approche du centre en matière de pauvreté et d'inégalité dans le monde. Bien que Levine fût la politique consommée de Washington, elle décida de l'abandonner (même à l'époque de gloire libérale de l'administration Obama) et d'entrer dans la nouvelle frontière de la philanthropie de la côte ouest.

Hewlett a lancé son programme de développement mondial en 2004. À ses débuts, il s’est concentré sur la réforme des règles du commerce international, en particulier dans l’agriculture, ainsi que sur l’amélioration des résultats de l’apprentissage en Afrique. La crise financière de 2008 - et son impact sur le fonds de dotation - a entraîné une nouvelle hiérarchisation des objectifs, ce qui a entraîné la fermeture de ses subventions au commerce et à l'agriculture. En 2011, lorsque Levine est arrivé chez Hewlett, le programme de développement mondial a fusionné avec le programme Population de la fondation afin de faciliter une plus grande collaboration. Le programme intégré "Développement mondial et population" a créé un nouveau cadre stratégique comprenant deux axes de travail principaux: Women's Choices , axé sur les choix en matière de procréation et d’économie, et Citizen Voices., qui aborde les efforts menés par les citoyens pour améliorer l’accès aux services de base. 

Un bailleur de fonds sur la santé reproductive 

Les travaux de Hewlett sur la santé de la reproduction remontent aux années 1960, reflétant la conviction profonde de William et Flora Hewlett que toutes les femmes devraient avoir accès à la contraception et à des avortements sans risque. Mais sous la direction de Levine, la fondation a adopté un programme plus ambitieux sur le genre. Il vise désormais à «élargir les choix des femmes quant à savoir si et quand avoir des enfants et comment gagner leur vie», en se concentrant sur l'Afrique de l'Est et de l'Ouest, en particulier l'Afrique de l'Ouest francophone.

L'un des objectifs principaux de Hewlett est de s'assurer qu'aucune femme n'a une grossesse non désirée ou ne décède d'un avortement non médicalisé. L’Afrique de l’Ouest francophone et l’Afrique de l’Est sont au centre des préoccupations car, dans ces régions, «les progrès en matière de planification familiale et de santé en matière de procréation ont été lents ou en panne», selon la fondation. La stratégie cible explicitement deux groupes critiques: les femmes rurales pauvres et les jeunes femmes.

Au cours des dernières années, le programme a poursuivi certaines approches novatrices, telles que des interventions fondées sur l’économie comportementale et la conception. Un exemple en est le soutien qu’il a apporté à un récent partenariat entre l’organisation à but non lucratif IDEO.org et Marie Stopes International, qui a pour objectif d’appliquer une approche de conception centrée sur l’être humain afin d’aider les jeunes femmes à se renseigner sur la contraception en Zambie et au Kenya. Le résultat a été le modèle Future Fab au Kenya et Divine Divaen Zambie. Dans l’approche Future Fab, «Diva Connectors» encourage les jeunes hommes et femmes à assister à des événements mettant en vedette musique, concours de talents et mode, et à trouver des moyens novateurs de parler de la contraception aux adolescents kenyans, aux membres de la communauté et aux prestataires de soins de santé. En Afrique occidentale francophone, Hewlett a soutenu le Partenariat de Ouagadougou, un groupe de neuf gouvernements francophones, rejoints par des donateurs publics et privés, favorisant la collaboration dans le secteur de la santé de la reproduction.

Même si les Nations Unies prédisent que la population mondiale atteindra 9,8 milliards d'habitants d'ici 2050, avec une grande partie de la croissance concentrée en Afrique, Hewlett ne compte parmi qu'un petit nombre des principaux bailleurs de fonds privés d'interventions en matière de santé reproductive des femmes, aux côtés de la Gates Foundation et de Susan Thompson. Fondation Buffett. Au cours de son mandat de Levine de 2011 à 2019, Hewlett a versé 337 millions de dollars à son programme Choix, affectant la majeure partie de ces fonds à la reproduction. Les principaux bénéficiaires comprennent des ONG internationales telles que Marie Stopes International (18,5 millions de dollars) et Ipas (17,5 millions de dollars), ainsi que le Centre de recherche sur la santé et la population en Afrique basé à Nairobi , avec des subventions de 9,5 millions de dollars.

L'investissement à long terme de Hewlett dans ce secteur semble donner des résultats, bien que les progrès soient lents en termes d'impact à haut niveau. Selon Margot Fahnestock , chargée de programme , une récente évaluation des interventions de Divine Diva et de Future Fab a montré qu'en Zambie, le pourcentage de jeunes âgés de 15 à 19 ans utilisant les services de Marie Stopes était passé de 7 à 12%. Au Kenya, le nombre total de services de contraception fournis aux adolescentes est passé de 225 à plus de 1000. Des données récentes du Partenariat de Ouagadougou montrent qu'en 2016, 4,7 millions de femmes utilisaient des méthodes de contraception modernes dans les neuf pays francophones, soit une augmentation de 1,3%. millions depuis 2011.

En ce qui concerne la lutte plus vaste pour ralentir la croissance démographique rapide de l'Afrique, le tableau est plus contrasté. D'une part, dans de nombreux pays où Hewlett est engagé, des progrès importants à long terme ont été enregistrés pour réduire le taux de besoins non satisfaits en matière de contraception. Par exemple, selon les données de la Banque mondiale, au Kenya, le taux est passé de 38% en 1988 à 15,6% en 2016; en Zambie, il est passé de 30% en 1992 à 21% en 2013.

D'autre part, le taux de fécondité total a lentement ralenti en Afrique, à la fois pour répondre aux besoins non satisfaits et pour le fait que les femmes préfèrent encore avoir de nombreux enfants. Selon la révision des perspectives de population dans le monde des Nations Unies de 2017 , l'indice synthétique de fécondité en Afrique n'a diminué que de 5,1 naissances par femme en 2000-2005 à 4,7 en 2010-2015. Pour les neuf pays du partenariat de Ouagadougou, les taux varient d'un minimum de 4,69 (Togo) à un maximum de 7,4 (Niger).

De nombreux démographes experts, y compris ces auteurs , ont conclu que le déclin global de la fécondité en Afrique est plus lent qu'en Asie et en Amérique latine dans les années 1970, alors que ces régions en étaient aux mêmes stades précoces et intermédiaires de la transition de la fécondité. Pour Levine, ces statistiques reflètent le fait que «ces deux programmes - répondre à un besoin non satisfait [en matière de contraception] et créer un plus large éventail d’options pour l’avenir des femmes - sont à long terme et nous travaillons sur les deux, et nous sommes susceptibles de le faire. continuer à travailler sur les deux. " 

Embrasser l'autonomisation économique des femmes

La contribution la plus importante de Levine à l’organisation des subventions mondiales de Hewlett a été de transférer la fondation au domaine encore émergent de l’autonomisation économique des femmes en 2015. Elle a déclaré dans une interview que l’ajout de cette composante au travail de la fondation était «la prochaine étape logique» vers un «élargissement Le président de Hewlett, Larry Kramer, écrivait à l'époque dans un billet de blog que la nouvelle initiative canalisait les «priorités les plus anciennes, les plus solides et les plus durables de la fondation», qui consistait notamment à aider les femmes à «prendre le contrôle de décisions cruciales dans leur vie quotidienne». vies."

En s'attachant à l'autonomisation économique des femmes, Hewlett a rejoint un nombre croissant de bailleurs de fonds privés et gouvernementaux qui considèrent désormais l'équité entre les sexes comme l'une des clés, voire la clé, d'un développement mondial plus rapide. Ce qui rend le programme unique, c'est qu'il ne se concentre pas sur des problèmes traditionnels tels que la microfinance et la formation professionnelle. Ses objectifs sont plutôt macro-économiques, tels que trouver de nouveaux moyens de mesurer les contributions des femmes à l'économie, promouvoir des analyses et des modèles qui examinent les impacts des politiques économiques sur les femmes, et influencer les normes économiques mondiales et leur application à l'Afrique subsaharienne.

En déployant ce nouvel effort en 2015, Hewlett a déclaré que son objectif était de combler un vaste vide de connaissances sur les femmes et les économies des pays en développement. «Nous savons peu de choses sur les activités économiques des femmes pauvres dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Nous en savons encore moins sur les soins non rémunérés et les autres activités domestiques qui, sans être fondées sur le marché, apportent une contribution économique. "

Hewlett a octroyé des millions de dollars en subventions pour développer de meilleures données dans ces domaines au cours des quatre dernières années, mais elle a également soutenu le plaidoyer en faveur de l'autonomisation économique des femmes. L'un des principaux bénéficiaires de ce travail, la société britannique WIEGO , se décrit comme un «réseau mondial de recherche-action-politique qui cherche à améliorer le statut des travailleurs pauvres, en particulier des femmes dans l'économie informelle». La bénéficiaire est le Fonds de développement des femmes africaines, basé à Accra , qui a reçu un million de dollars en 2017 pour redistribuer des subventions à des organisations populaires de femmes africaines spécialisées dans la sécurité économique et la justice. Hewlett a également soutenu DAWN ( Alternative de développement) avec Women for a New Era afin de créer un «réseau africain de militantes féministes».

Bien que les subventions accordées par Hewlett pour l'autonomisation des femmes en soient encore à un stade relativement précoce, Mme Levine s'est dite encouragée par le changement d'approche des institutions économiques puissantes en matière de données sexospécifiques. «L’attention portée au problème de l’invisibilité de la femme dans les statistiques économiques utilisées pour la planification et l’élaboration des politiques a considérablement augmenté ces dernières années», a déclaré Levine. Par exemple, la Banque mondiale et l’Organisation internationale du Travail sont sur le point de mettre au point des méthodes permettant de mesurer le travail non rémunéré et l’agriculture de subsistance.

L'impulsion pour la transparence et la responsabilité 

Hewlett est connue depuis longtemps pour son rôle majeur dans le soutien de la santé reproductive dans le monde. Au cours des dernières années, Levine a joué un rôle important dans la communauté grandissante de bailleurs de fonds et d'ONG centrées sur l'autonomisation économique des femmes, une question qui la passionne clairement. En fait, l’autre branche du travail mondial de Hewlett, le programme Citizen Voices , a obtenu une part plus importante des fonds consacrés aux subventions au cours des huit dernières années - environ 447 millions de dollars. Ce travail comprend désormais deux composantes distinctes: l’une axée sur la transparence et la responsabilité, qui remonte au début du programme de développement mondial en 2004, et une autre sur la politique fondée sur des données factuelles, créée en 2013.

L’octroi de subventions pour la transparence et la responsabilité vise à relever le défi qui est essentiellement résumé dans l’agenda ambitieux du développement durable 2030: dans de nombreux pays à revenu faible ou intermédiaire, une grande partie de la population, en particulier les plus pauvres, n’a pas accès à des soins de qualité, éducation, assainissement, eau et autres services publics. 

Hewlett fait partie d'un réseau de bailleurs de fonds qui a contribué à alimenter l'émergence d'un mouvement mondial qui vise à résoudre ces problèmes de prestation de services en préconisant la transparence et la responsabilité dans la perception et l'utilisation des recettes publiques dans ces pays, en particulier ceux qui dépendent industries d'extraction. La fondation a travaillé en étroite collaboration avec un consortium appelé Transparency and Accountability Initiative , qui comprend également les sociétés Open Society Foundations, Luminate, MacArthur Foundation, Ford, ainsi que le Department for International Development (DFID) du Royaume-Uni. Au fil des ans, ce collectif a lancé plusieurs grandes initiatives mondiales de transparence des données, telles que l’ Initiative pour la transparence des industries extractives (ITIE),Partenariat pour un gouvernement ouvert et Partenariat budgétaire international .

Malgré tout le pouvoir financier derrière ce travail, les choses ont été difficiles. En 2015, Hewlett a reconnu dans un changement de stratégie que «la promesse de travail sur la transparence n'avait pas encore été réalisée avec des améliorations significatives dans la prestation de services». Cet échec reflète les faiblesses de la théorie du changement initiale du mouvement. À ses débuts, le mouvement était principalement axé sur la transparence - souvent en ce qui concerne des données très techniques, telles que les rapports financiers publiés au titre de l'ITIE - sans théorie claire du changement sur la manière dont la société civile ou les citoyens pourraient même comprendre ces informations, sans parler responsabiliser les gouvernements et améliorer l'accès aux services de base.

La stratégie principale actualisée de Hewlett, ainsi que les trois sous-stratégies associées publiées en 2018 sur la transparence fiscale , la gouvernance et la fourniture de services, ont reconnu ces limitations et appelé à centrer davantage l'attention sur le fait d'aider les groupes de citoyens à utiliser ces informations pour s'organiser et "s'engager de manière significative" avec le gouvernement. Ce changement a été reflété dans le nouveau nom du programme: «transparence, participation et responsabilité». Le centre régional est le Mexique et l’Afrique de l’Ouest.

Explorant ces sous-stratégies, le programme distingue maintenant le "chemin court" vers la responsabilité, ou la responsabilité sociale, du "chemin long", qui est la responsabilité politique. Cette distinction découle de l'inspiration intellectuelle du mouvement: le Rapport sur le développement dans le monde (Rapport sur le développement dans le monde) 2004 de la Banque mondiale , sous-intitulé "Faire en sorte que les services fonctionnent pour les pauvres". Ce rapport énonçait une théorie générale visant à améliorer la fourniture de services aux pauvres en «renforçant la responsabilisation», à la fois par la «voie courte», à savoir une surveillance accrue par les citoyens et leur influence sur les prestataires de services de première ligne (dispensaires et écoles), ou par la «voie longue». ”Qui implique un renforcement du pouvoir des citoyens sur les politiciens et les décideurs, vraisemblablement lors d'élections, ce qui modifie ensuite le comportement des fournisseurs de première ligne. 

Les sous-stratégies de gouvernance et de prestation de services indiquent que la fondation se concentre sur les deux types. Pour ce qui est de la responsabilité sociale, il s’agit du plaidoyer en faveur du financement, du suivi de la société civile et de la budgétisation participative; en ce qui concerne la responsabilité politique, il soutient des approches telles que le journalisme et l’utilisation des lois sur la liberté d’information.

Entre 2011 et 2019, les principaux bénéficiaires des travaux de Hewlett Citizen Voices incluent le Centre de recherches pour le développement international du gouvernement canadien (36,5 millions de dollars), le Center for Global Development (17,6 millions de dollars), le Natural Resources Governance Institute (14,6 millions de dollars) et l'Initiative internationale. pour l'évaluation d'impact (17,8 millions de dollars). Une organisation basée à Accra - le Centre africain pour la transformation économique - figure également dans le top 10 avec des subventions d’un montant total de 9,4 millions de dollars.

Une théorie discutable du changement

Compte tenu des sommes considérables investies par les parties prenantes dans ce programme, le programme Citizen Voices de Hewlett - ainsi que le mouvement plus vaste dont il fait partie - justifie un examen approfondi à ce stade. Quand j’ai interrogé Levine sur les preuves de succès depuis la refonte de 2015, elle a déclaré que les tendances n’étaient «pas très encourageantes à certains endroits». peut être vrai dans certains cas, le véritable problème est la stratégie elle-même, et des lacunes théoriques et des preuves que les révisions de 2015 n'ont pas pu résoudre.

Premièrement, ce programme n'a jamais été - et n'est toujours pas - fondé sur une analyse historiquement informée des causes réelles des lacunes dans la fourniture de services dans des pays spécifiques à revenu faible et intermédiaire. Le mouvement implique que la corruption du gouvernement est la cause principale de la fourniture insuffisante de services aux pauvres, bien que souvent cela ne soit pas dit explicitement, et il fournit rarement des preuves concrètes du lien entre la prestation de services et la fourniture de services.

Par exemple, le Rapport sur le développement dans le monde de 2004 a affirmé que la corruption du gouvernement était la principale cause de la fourniture insuffisante de services aux pauvres, sans pour autant fournir de preuves empiriques convaincantes. Bien qu’une enquête menée dans un établissement de soins de santé primaires au Bangladesh ait révélé un taux d’absence de médecin de 74%, elle n’a fourni ni contexte ni analyse permettant d’expliquer les raisons pour lesquelles les travailleurs ne se présentaient pas. Cela supposait simplement une forme de corruption. Pour toutes les discussions sur l'absentéisme des enseignants ou des professionnels de la santé dans diverses études citées par des chercheurs associés au mouvement, je n'ai pas encore vu de référence à une enquête ou à une étude de cas dans laquelle ils ont effectivement demandé aux gens pourquoi ils ne se sont pas présentés au travail.

Les praticiens et les militants ont un «parti pris d’action» et vont souvent au-delà de la théorie et des preuves - dans ce cas, ils forment un mouvement mondial fondé sur une théorie non vérifiée selon laquelle la corruption du gouvernement est la principale cause des défaillances dans la prestation de services dans tous les pays à revenu faible ou intermédiaire. des pays. Bien que cela puisse être la raison dans des lieux et moments précis, comme cette enquête 2018 New York Times article sur la corruption dans une école primaire à Mpumalanga, Afrique du Sud rend la nature claire, la précision du phénomène doit être décrit et prouvé, plutôt que simplement affirmé. Sans une analyse causale nuancée, comme l'a noté Sarah Chayes , ancienne collègue de Carnegie Endowment , «de nombreuses tentatives de traitement s'avèrent mal adaptées aux réalités locales et aboutissent à peu de résultats».

La réalité complexe est que, comme Levine elle-même l'a dit dans une interview, il existe de nombreuses raisons pouvant expliquer l'échec des gouvernements à fournir des services de qualité aux citoyens, et la corruption n'en est qu'un. Dans de nombreux pays d'Afrique subsaharienne, où les gouvernements en libéralisation ont adopté des réformes de décentralisation dans les années 90, les gouvernements locaux sont principalement responsables de la fourniture de services de base tels que la santé, l'éducation, l'eau et l'assainissement.

Mais ces gouvernements locaux ont dû être créés à partir de zéro et dans les zones rurales, où les données montrent clairement que l'accès aux services est le pire, ce défi a été rendu encore plus décourageant par le phénomène décrit par l'africaniste Mahmood Mamdani dans son révolutionnaire livre, « Citizen and Subject ». Il décrit les vestiges d’une forme de gouvernance coloniale tardive dans les zones rurales, qu’il a qualifiée de «despotisme décentralisé». Il s’appuie sur le pouvoir tribal et coutumier et la reproduction des identités ethniques.

Cette étude récente sur la fourniture de services publics «construits» à la majorité noire par l'État post-apartheid affirme que les échecs dans les anciens «homelands» ruraux sont principalement dus au fait que les gouvernements locaux de ces régions ont dû être créés de toutes pièces , et combler ce déficit de capacités techniques et administratives est une tâche gigantesque. Construire des gouvernements locaux compétents dans les zones rurales tout en confrontant l'héritage institutionnel du despotisme coutumier reste le défi paradigmatique pour obtenir des résultats significatifs en matière de démocratie et de développement en Afrique subsaharienne.

En outre, le renforcement des capacités gouvernementales, en particulier au niveau local, nécessite un ensemble de solutions totalement différent de celui préconisé par le mouvement pour la transparence et la responsabilisation. L'agent de changement préféré du mouvement - la société civile, qui après tout est concentrée dans les zones urbaines - peut en réalité être marginal, voire indifférent, dans la résolution de ce problème. Peut-être faut-il passer de la société civile à l'investissement dans les fonctionnaires, en particulier au niveau des administrations locales rurales.

L'approche imparfaite du mouvement pour la transparence et la responsabilité n'est pas une nouveauté pour le moment. D'ici 2015, l'essentiel des preuves de l'évaluation d'impact indiquait que les interventions de responsabilité sociale - dans lesquelles la société civile et les citoyens surveillent directement les fournisseurs de services - n'ont pas amélioré les résultats de la fourniture de services. Les études citées dans le texte principal des propres documents de stratégie de Hewlett sont assez cohérentes à propos de la base factuelle limitée, telles que ces contributions de Johanna Speer en 2012 et de Boydell et Keesbury en 2014.

Les preuves les plus prometteuses à ce jour sont tirées d'un essai contrôlé randomisé décisif mené en Ouganda par les chercheurs Martina Bjorkman et Jacob Svensson , publié en 2009 sous le titre «Power to the People», qui a révélé qu'il était utile de fournir aux membres de la communauté des informations sur la qualité des services fournis. les dispensaires ont réduit l'absentéisme, augmenté l'utilisation et réduit considérablement les taux de mortalité des moins de cinq ans en un an. Cependant, un article de 2018 non encore publié, commandé par Innovations for Poverty Action , évaluait une intervention similaire mise en œuvre en Ouganda à une échelle beaucoup plus grande et ne présentait aucun effet sur les taux d'utilisation ou les résultats pour la santé, y compris la mortalité infantile.

Dans ce rapport de 2016 , même des chercheurs de la Banque mondiale ont révisé leur évaluation du Rapport sur le développement dans le monde de 2004 et ont fait valoir que l'accent mis sur la responsabilité sociale était erroné car il avait popularisé l'idée que la politique pouvait être contournée. La révision de 2016 affirme que le mouvement devrait se concentrer sur le «long chemin» de la responsabilité politique et modifier les incitations des dirigeants politiques, non seulement par le vote et les élections, mais également par des mécanismes de responsabilité internes du gouvernement, tels que des contrôles et équilibres et un audit solide institutions.

Bien que la sous-stratégie de gouvernance suggère que Hewlett aborde la responsabilité politique, elle se limite aux outils tels que le journalisme, les médias numériques et la radio communautaire qui peuvent «influencer la gouvernance au-delà du scrutin». Mais voilà l'énigme: une véritable responsabilité politique nécessite évidemment L'accent est mis sur le vote et les élections et sur les types d'organisations de masse qui ne sont pas des groupes de la société civile professionnalisés, tels que les partis politiques, en particulier les partis d'opposition, et les mouvements de masse tels que les syndicats et d'autres types de mouvements sociaux.

Le personnel de Hewlett est peut-être déjà en train de repenser la stratégie. Dans un récent billet de blog , Levine a écrit que son travail avec WIEGO lui avait appris la nécessité de collaborer avec les mouvements sociaux pour parvenir à un changement durable. Bien que la sous-stratégie de gouvernance actuelle indique explicitement qu'elle ne financera pas les mouvements sociaux, cela pourrait peut-être changer à l'avenir. Hewlett a soutenu WIEGO, une organisation qui représente les intérêts des travailleurs informels, avec plus de 10 millions de dollars de subventions ces dernières années, et Levine m'a dit qu'elle pouvait imaginer qu'elle soutiendrait les organisations de travailleurs du secteur formel à l'avenir.

Levine's articule l'un des arguments en faveur d'une collaboration plus étroite avec les mouvements sociaux: «L'identification de ce qui ne va pas doit provenir de ceux qui en subissent les conséquences», a-t-elle déclaré. Il s'agit d'une déclaration importante, d'autant plus que le mouvement pour la transparence et la responsabilisation n'a jamais vraiment donné aux mouvements locaux ou aux acteurs la possibilité de définir et de définir les principaux problèmes de la fourniture de services. Au lieu de cela, l'ordre du jour a été prédéfini par des acteurs externes à New York, DC et à Londres, qui - si bien intentionnés qu'ils soient - avaient peu d'expérience et de connaissances des contextes locaux, en particulier en Afrique subsaharienne. Ce programme reflétait un parti pris libéral du Nord mondial en faveur du pouvoir des données et de la technologie pour résoudre les problèmes, sans saisir la complexité des problèmes eux-mêmes du point de vue des principales parties prenantes.

Ces préoccupations étaient peut-être au moins en partie à l'origine de la création en 2013 de l'autre composante de Citizen Voices sur l'élaboration de politiques reposant sur des données probantes, qui, selon la stratégie de 2018 , vise à aider «les gouvernements à utiliser systématiquement les données probantes pour améliorer les politiques sociales et économiques». note que les éléments de preuve, en particulier ceux d'origine locale, devraient jouer un rôle plus important dans la définition de l'agenda et la formulation des politiques, compte tenu du scepticisme croissant à l'égard des programmes "emporte-pièce" importés d'experts externes.

Localiser la philanthropie du développement mondial

Bien que le programme de développement global de Hewlett n'ait pas encore financé de mouvements sociaux et de masse locaux, Levine a tenté de transférer davantage de ressources directement aux organisations de la société civile locales ou régionales. Son mémorandum de 2014 décrit le programme, qui passe d'un soutien général à des organisations basées aux États-Unis à des subventions pour des sections locales (d'ONG internationales) et / ou des ONG locales.

«Quand je travaillais à Washington, je pensais que l'épicentre du développement mondial était à Washington», m'a dit Levine. «Mais une fois que je suis arrivé ici et que j'avais une plus grande distance physique et psychologique, j'ai été capable d'élargir mon champ d'action et d'avoir des conversations sur le développement futur de la planète. J'ai commencé à comprendre que les actions futures devraient vraiment être entre les mains des décideurs nationaux, de la société civile locale et du gouvernement. Le but ultime est de renforcer la capacité des gouvernements et des organisations du pays à répondre aux besoins des citoyens », a déclaré Levine.

En 2011, Hewlett n'a octroyé qu'un petit pourcentage des subventions de développement mondial directement aux ONG étrangères. Aujourd'hui, environ 24% des subventions et 15% du financement total sont versés à des organisations locales, selon Levine. 

Quelle est la prochaine étape pour le travail mondial de Hewlett?

Alors que Levine remet les rênes, quelle pourrait être la prochaine étape pour le programme de développement mondial de la fondation? «Pour Hewlett, il existe toujours un équilibre entre continuité et évolution», déclare Levine. Mais une chose est certaine: Hewlett restera attaché aux questions de planification familiale. "Cela fait partie de l'agenda depuis le début, et il n'y a pratiquement aucune chance que cela soit abandonné."

L’une des évolutions intéressantes est qu’en 2018, Hewlett a affecté 10 millions de dollars à un programme exploratoire intitulé Au-delà du néolibéralisme , qui explorera «de nouvelles façons de penser à l’économie politique et aux conditions d’un nouveau contrat social pour le XXIe siècle». À ce stade, la volonté retrouvée de grandes philanthropies telles que Hewlett (ainsi que le réseau Omidyar ) de traiter des questions fondamentales de l’économie politique mondiale et de l’avenir du capitalisme représente un tournant décisif.

Entre autres choses, repenser sérieusement le fondamentalisme du marché modifierait la théorie et la pratique du développement. Comme l'a compris le brillant économiste politique Colin Leys, quelle que soit la théorie du capitalisme mondial adoptée par les puissants gouvernements du Nord, elle détermine en dernier ressort les objectifs et la portée de ce que nous appelons le «développement».

À ce stade, le programme de transparence et de responsabilité de Hewlett peut avoir intérêt à réfléchir sur ses propres engagements idéologiques non reconnus. Axé sur la corruption au sein du gouvernement, ce programme reposait sur un programme de recherche hautement idéologique et anti-État, impulsé par la Banque mondiale. Bien que ce mouvement n’ait pas réussi à améliorer la prestation de services aux pauvres, il a créé un réseau mondial de militants progressistes articulant une idée qui correspond à ce que le théoricien français Michel Foucault a appelé dans ses conférences sur La naissance de la biopolitique.en 1979, «le thème général de la phobie des États». Outre les préoccupations que j'ai exprimées au sujet de la stratégie, si Hewlett et d'autres donateurs souhaitent éviter de défendre par inadvertance un programme mondial agressif néolibéral tout en remettant en question le néolibéralisme au niveau national, vouloir reconsidérer le parti pris anti-État implicite dans ce programme.

Levine espère que l'initiative "Au-delà du néolibéralisme" se développe, elle prend en compte la profonde réflexion que les chercheurs et les bénéficiaires des pays en développement ont déjà adoptée sur le capitalisme et les inégalités. Elle souligne les travaux récents sur les transferts monétaires, l’avenir du travail et les questions d’équité et d’inclusion des groupes défavorisés. «La transmission des idées ne devrait pas être à sens unique, des États-Unis au reste du monde», a-t-elle souligné. «Il y a beaucoup d'idées novatrices sur l'équité et l'inclusion venant d'autres pays dont nous pouvons apprendre.»