mardi 16 juin 2015

"Laudato si", une OPA de Rome sur l'écologie

"Laudato si", une OPA de Rome sur l'écologie



En empruntant la déclaration suivante au Compendium de la Doctrine Sociale de l’Église :
« ... il faut reconnaître que la croissance démographique est pleinement compatible avec un développement intégral et solidaire », le Pape François a surpris autant que déçus ceux qu'il avait séduits avec la formule :« Nous ne sommes pas obligés de nous comporter comme des lapins » au lendemain de sa rencontre avec la misère indonésienne. Il en résulte que l'écologie est une fois de plus instrumentalisée et considérée dans ses effets plutôt qu'en ses causes, en niant la première d'entre elles qu'est la prolifération des premiers prédateurs de la planète. Politique et religion ayant ceci en commun qu'elles sont guidées par des doctrines et des dogmes incapables par définition de remise en cause, la curie triomphe, mais privés de sa prise de position phare, les propos du Pape sont ramenés à ces déclarations dont nous abreuvent, sans effets déterminants toutes les instances qui se penchent sur le sort de la planète.

Le Pape François choisit de se dresser contre les atteintes à l'environnement, principalement en raison de ce qui en résulte pour les plus pauvres ; et pourtant. La pyramide sociale et les injustices qui résultent de sa structure ne relèvent-elles pas, fondamentalement et avant tout, d'une architecture et de rapports entre les hommes qui, pour les croyants, ne peuvent être que d'essence divine ? N'est-ce pas d'ailleurs en cela que Jésus encouragea les pauvres à accepter leur sort durant leur vie ici-bas, en échange d'une place au paradis de son Père ? « Les derniers seront les premiers » a-t-il promis en son nom.

Le Pape François serait-il révolutionnaire au point de ne plus s'en satisfaire ? De même qu'il conteste que chaque être humain soit différent de ses "semblables", contrairement à l'évidence et aux enseignements de la génétique, nierait-il cette loi de la nature qui fait que l'exception se distingue de la multitude ? Condamnerait-il cet individualisme abusivement confondu avec l'égoïsme, alors qu'il est bien au contraire le premier moteur d'un progrès qui profite à tous, dans tous les domaines ? Appelle-t-il de ses vœux cet égalitarisme menant à la fourmilière plutôt qu'à une société offrant à chacun la possibilité d'y exprimer ses capacités dans la diversité ?

S'inspirant manifestement d'une idéologie de gauche, autant sinon davantage préoccupée de politique que d'écologie, le Pape nous dit, entre autre :

« ... la détérioration de l’environnement et celle de la société affectent d’une manière spéciale les plus faibles de la planète ... » (ce qui n'empêche pas tous les pouvoirs, religieux compris, d'encourager leur multiplication).

Dénoncer le sort des pauvres et son aggravation c'est bien, mais prendre conscience de la part de cette aggravation résultant de l'augmentation incessante de leur nombre ne le serait-il pas tout autant ? Chaque jour, parmi les 200 à 250 000 êtres humains qui viennent s'ajouter à la population de la planète et exiger de celle-ci la satisfaction de leurs besoins, la grande majorité va occuper la base de la pyramide sociale. C'est dans ces conditions ; par un mécanisme inéluctablement lié à la prolifération humaine ; en dépit d'un enrichissement considérable de la société accompagné d'avancées sociales indéniables, notamment au cours des deux derniers siècles, que le nombre de pauvres profonds est de nos jours 8 à 10 fois ce qu'était la population totale de la planète à l'époque du Christ. Certes le progrès a profité au plus grand nombre, mais rien ne peut empêcher qu'ici-bas, quelles que soient la compassion et la solidarité pouvant y régner, chacun d'entre nous soit le riche ou le pauvre d'un autre, ni que la base de la société soit constituée de nécessiteux toujours plus nombreux que les nantis.

« ... le problème de l’eau est en partie une question éducative et culturelle, ... »
Le problème de l'eau potable est certainement celui qui met le plus dramatiquement en évidence le caractère fini des ressources irremplaçables de la planète. N'est-il pas évident qu'il en résulte la nécessité de réduire le nombre de leurs consommateurs – spécialement en ce qui concerne l'eau potable, dont l'oranisme de tout être vivant exige de quoi le maintenir en vie. Et la première des mesures à prendre n'est-elle pas d'y adapter le nombre de ces consommateurs ? Le temps n'est-il pas venu d'admettre des instruments comme le planning familial parmi les moyens nécessaires à cette régulation ? « ... il est prévisible que le contrôle de l’eau par de grandes entreprises mondiales deviendra l’une des principales sources de conflits de ce siècle. » Nul besoin des grandes entreprises mondiales pour cela, comme en atteste d'ores et déjà la situation de plusieurs pays.

« Accuser l’augmentation de la population et non le consumérisme extrême et sélectif de certains est une façon de ne pas affronter les problèmes. » Ignorer l'un comme l'autre de ces facteurs n'est-il pas tout autant condamnable ? Nier que ces problèmes résultent autant d'une augmentation incontrôlée de la population que de tout autre phénomène, est en tout cas du même ordre que nier le réchauffement climatique quand il suffit d'observer la fonte des pôles et des glaciers pour constater qu'il est bien une réalité, n'en déplaise aux climatosceptiques.


En résumé, rien de nouveau. Tel un inventaire, l'encyclique reprend des arguments connus de tous, tellement ils ont été ressassés par les politiques et les écologistes qui leur sont inféodés, sans que rien ne change dans une mesure significative, oubliant au passage que la pollution et les déchets des pays les plus industrialisés profite aussi à ceux qui ne le sont pas, et qui sans cela seraient encore plus démunis qu'ils le sont. Il en est comme si l’Église tentait à son tour de s'approprier l'écologie en accusant les riches de tous les maux, comme si tous les hommes ne portaient pas leur part de responsabilité et n'habitaient pas la même "maison" ; les uns logés dans les communs, à la cave, au grenier, voire dans la cour ou le jardin ; les uns bénéficiant des appartements les plus luxueux et les plus ensoleillés, les autres vivant à l'ombre et souffrant des intempéries.

Vaut toutefois d'être souligné ce qui met en cause directement l’Église. La dénonciation du mensonge, du vol, de la corruption, du crime, etc. en tant que responsables ou pour le moins complices du pillage de notre "maison commune" n'équivaut-elle pas à un constat d'impuissance de la part de l'institution prétendant les combattre ?

Quoi qu'il en soit, que règnent l'indifférence ou la compassion à l'égard des plus démunis, le choix qui s'offre à l'homme dans la situation qui est la sienne et celle de "sa maison", est d'être moins nombreux à continuer de profiter de ses ressources, ou plus nombreux à les épuiser plus rapidement. Ceci pendant un temps au demeurant limité, tout ayant une fin. Sur Terre comme en tous les endroits connus de l'univers, à la naissance de toute chose succède sa croissance jusqu'à sa maturité, précédant sa dégénérescence puis sa mort.

Il n'est de richesse que d'homme, disaient les économistes bien avant les révolutions industrielles ; quand les muscles de ce même homme étaient encore les instruments majeurs de production et de développement de la société. Depuis, par l'effet du progrès, ce même homme est peut-être toujours une richesse, mais l'aune à laquelle est mesurée cette dernière a changé. De nouvelles technologies et la robotique sont en voie de remplacer les moyens mécaniques qui l'ont d'abord aidé à produire toujours plus. La richesse qu'il représente a changé de sens. De producteurs en nombre raisonnable, les hommes sont devenus des surconsommateurs pléthoriques, alors que dans le même temps le milieu dans lequel s'est produite cette mutation s'est appauvri et dégradé.

Il en résulte que la seule chance de garantir à l'avenir le meilleur équilibre possible de la société et de réduire les malheurs de la planète – comme de toutes les espèces qui la peuplent –, en tenant compte des limites de celle-ci, est la réduction du nombre des hommes, par dénatalité. Croyant ou non croyant, qui peut nier en effet qu'il soit préférable de naître moins nombreux plutôt que de vivre dans l'indignité et la régression, pour périr par le surnombre, que ce soit l'homme qui s'en charge en employant ses moyens habituels, ou la nature ?

mardi 24 mars 2015

De Malthus à l'urgence démographique

De Malthus à l'urgence démographique


N'est-il pas plus avisé de discerner un risque de catastrophe avant qu'elle advienne plutôt que d'attendre dans un optimisme béat autant qu'irresponsable, qu'elle se produise, et a fortiori nier ce risque avec obstination contre toute évidence, jusqu'à ce qu'il se vérifie ? L'observation de la pyramide sociale et de son évolution à travers les siècles donne en tout cas raison à Malthus, bien au-delà de la relation entre population et ressources alimentaires sur laquelle il a d'abord bâti sa doctrine, Et les deux conférences récemment données par "Démographie responsable" et pouvant être visionnées aux adresses suivantes en attestent.


L'état d'urgence démographique y est clairement proclamé, avec chiffres incontestables à l'appui, et situé au premier rang – qui est le sien – des préoccupations écologiques. Y est par ailleurs dénoncé le risque de dérive que contient l'idée trop souvent sommaire de décroissance, laquelle reviendrait à régresser pour aggraver notre état de surpopulation, avec pour résultat une misère généralisée ne pouvant mener la société qu'aux pires extrémités.
Du fait de cette structure incontournablement pyramidale de notre société, du sort qui y positionne chacun de ses occupants à sa naissance (quelles que soient les changements qui puissent y être apportés au cours de son existence), des taux de natalité pratiqués par les différentes catégories sociales, les pauvres ayant fait l'objet de la sollicitude de Malthus sont, non seulement toujours les plus nombreux à la peupler mais assurés de leur perpétuelle et grandissante supériorité numérique,




L'ajustement de la population humaine, que son empreinte écologique situe entre 3 et 5 milliards d'individus, est donc la réponse, non seulement à ses besoins alimentaires mais à tous ceux que génère son niveau de vie, ainsi qu'à un meilleur équilibre social dont ne pourra naître que le mieux être de ceux qui le vivront lorsque nous leur aurons cédé la place.


Malthus avait conscience du mécanisme inscrit dans la pyramide sociale, lorsqu'il écrivait, dans le langage de son époque, à son adversaire l’utopiste William Godwin : « ... la race des ouvriers pourrait, en s’abstenant du mariage, et par conséquent en réduisant son effectif, améliorer immédiatement sa condition… ».(édit. Bonar, 1926, p. vii-viii).


De même pour Paul R. Ehrlich, auteur de " La bombe P", quant avec un décalage de quelques décennies il écrivait : « Le but de cet ouvrage n'est pas tant de proposer des plans pour améliorer la société que de faire sentir la nécessité de se contenter du mode d'amélioration qui nous est prescrit pas la nature, et de ne pas mettre obstacle aux progrès qui devraient être faits dans cette voie. »
« vouloir assister les pauvres de manière à leur permettre de se marier aussi précocement qu'ils le voudront et d'élever une nombreuse famille, aboutit à une impossibilité mathématique. La prise de conscience de cette vérité serait très importante puisqu'elle éviterait aux riches [et à tous ceux qu'anime une compassion dévoyée] de détruire les bons effets de leurs propres efforts et de gâcher leurs bontés en les dirigeant vers des buts parfaitement inaccessibles ; elle leur permettrait de concentrer leur attention sur des objectifs plus convenables et de faire ainsi davantage de bien.»
« Il est probable que la structure de l'édifice social ne sera pas modifiée dans le grand avenir; nous avons tout lieu de croire qu'il y aura toujours une classe de propriétaires et une classe d'ouvriers. »


Bien des intellectuels, chercheurs et autres membres de l'élite se sont gaussés et se gaussent encore de tels propos, préférant s'en remettre à un optimisme aveugle, encouragé par la promesse d'une transition démographique qui ne résoudrait rien, compte tenu d'un état de surpopulation d'ores et déjà atteint.


Certes Malthus a offensé le progrès en écrivant « Nous sommes donc en état d'affirmer, en partant de l'état actuel de la terre habitable, que les moyens de subsistance, dans les circonstances les plus favorables à la production, ne peuvent jamais augmenter à un rythme plus rapide que celui qui résulte d'une progression arithmétique. ». Les faits l'ont démenti depuis. Diverses sciences et techniques (biochimie, diététique, culture hors sol par exemple) ont fait la preuve qu'elles pouvaient aider l'agriculture pour satisfaire les besoins alimentaires d'un effectif passée de 1 à 7 milliards d'êtres humains. Et si une part importante de la population du globe souffre encore de la faim ou de malnutrition, les causes en sont, davantage qu'une insuffisance de production, des problèmes d'ordre logistique, un mauvais partage des dotations, la corruption, etc. Mais à quoi sont dues ces difficultés sinon aux insolubles problèmes de gouvernance auxquels mène la prolifération des humains ?

Malthus précise d'ailleurs : « L'étude de ces causes étant beaucoup trop complexe pour qu'un seul homme puisse s'y livrer avec succès, cet Essai a pour objet d'étudier uniquement les effets d'une seule d'entre elles ... la tendance constante de tous les êtres vivants à accroître leur espèce au-delà des ressources de nourriture dont ils peuvent disposer ».

jeudi 12 mars 2015

Démographie, écologie et équilibre social

Dans le droit fil des inquiétudes que suscite le rapport étroit que je ne cesse de dénoncer depuis des années, entre démographie et équilibre social, la conférence "Environnement et pression démographique" donnée par l'association "Démographie Responsable" au salon écologiste "Primevère" de Lyon, le 22 février dernier,.doit être saluée et surtout portée à la connaissance du plus grand nombre.


L'état d'urgence démographique y est enfin clairement proclamé – avec chiffres incontestables à l'appui – et situé au premier rang des préoccupations écologiques. Y est par ailleurs évoqué le risque de dérive que contient l'idée trop souvent sommaire de décroissance, consistant à régresser pour vivre plus nombreux, ce qui conduirait la société à une indigence généralisée.


C'est dans cet esprit que je propose à tous ceux que préoccupe sérieusement le sort de leur descendance, les liens ci-après.


À ne manquer sous aucun prétexte

jeudi 1 janvier 2015

Notre condition sociale est avant tout héréditaire

Pauvreté et richesse
Notre condition sociale est avant tout héréditaire


Ce billet répond à la découverte que font subitement d'éminents chercheurs, du fait que les familles les plus riches comme les plus pauvres sont toujours les mêmes depuis des siècles.
Cf. à titre d'exemple :




Ce qui paraît distinguer l'homme des autres espèces animales est qu'il a conscience de sa condition, et cela est de plus en plus vrai chaque jour et pour tous, à commencer par ceux qui vivent dans une précarité plus ou moins grave. Et si la compassion, la charité, la solidarité, spontanées comme imposées, peuvent en modifier les effets dans une mesure toujours insuffisante, elles sont tout aussi incapables que la lutte des classes la plus acharnée de changer un état de fait aussi vieux que le Monde.


À l’aube de notre ère, la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains. Elle en comptera bientôt 9,5, dont plus de 6 vivront dans un état de pauvreté, profonde ou relative selon les critères généralement admis. Et chaque jour plus de 250 000 êtres humains s'ajoutent à la population terrestre. Or, en raison de la structure de la société, par l'effet d'une fatalité qui les fait naître ce qu'ils sont et des taux de natalités les plus élevés, les pauvres, qui représentent la grande majorité de ces nouveaux arrivants, vont s'ajouter à ceux qui occupent déjà la base de la pyramide sociale. La composition de celle-ci est donc de nature avant tout héréditaire, aggravée par la démographie. Non seulement les pauvres ne peuvent enfanter que des pauvres (comme les riches enfantent des riches), mais leur nombre s'accroît proportionnellement à la place qu'ils occupent dans la société, et les taux de natalité dont ils font preuve aggravent encore les effets de cette proportionnalité.


Dans la recherche d'une société aussi équilibrée que possible – dans laquelle chacun est incontournablement le pauvre ou le riche de plus riche ou de plus pauvre que soi –, le devoir prioritaire de tous n'est-il pas désormais d'aider l'humanité à limiter sa fécondité ? Sachant :
1° que par simple effet de proportion les pauvres seraient les plus nombreux à en bénéficier.
2° que si nous n'en sommes pas capables la nature nous y contraindra d'autant plus durement qu'elle sera conduite à le faire tardivement.

mercredi 3 septembre 2014

Pour une écologie dénataliste - Contre une démographie sauvage et la pauvreté

Pour une écologie dénataliste
Contre une démographie sauvage et la pauvreté


Cette conscience de sa condition, qui différencie l'homme des autres espèces animales est de plus en plus affirmée, en ces temps d'information à outrance à laquelle n'échappent pas ceux qui vivent dans la précarité. Probablement est-ce ce qui motive la montée des revendications de toutes sortes partout dans le monde, les effets de la compassion, de la charité, de la solidarité, étant encore loin de faire oublier le mirage de la lutte des classes. Comme l'écrivait Paul Valéry, s'il est vrai que l'homme est davantage préoccupé par ce qui devrait être que par ce qui est – au point que nombre de politiques puissent fonder leur succès sur la promesse d'un réenchantement du rêve d'une société plus juste –, les réalités de la condition humaine perdurent, en dépit des incontestables bienfaits du progrès.

Si à l’aube de notre ère la Terre était peuplée d’environ 250 millions d’êtres humains, elle en comptera bientôt 10 et plus, dont 2 vivront dans un état de pauvreté profonde. Avec la complicité des pouvoirs religieux comme laïcs, un progrès effréné a donc créé, en un peu plus de 20 siècles, près de 10 fois plus de miséreux qu’il y avait d’individus de toutes conditions sur Terre. Et chaque jour 250 000 êtres humains s'ajoutent à la population terrestre. Or, en raison de la structure incontournablement pyramidale de la société, par l'effet d'une fatalité qui les fait naître ce qu'ils sont, et de taux de natalités atteignant 3 à 4 fois ceux des riches, la grande majorité de ces nouveaux arrivants est constituée de pauvres (dont les pauvres profonds) qui viennent s'ajouter à ceux qui occupent déjà la base de notre pyramide sociale.

S'il n'est réellement de richesse que d'hommes, cet homme ne vaut-il pas mieux que cette situation et que l'avenir détestable qu'il se promet si rien n'est fait pour y mettre fin ? Les pauvres peuvent-ils continuer d'être les victimes d'un mécanisme infernal, tout en étant les premiers pourvoyeurs des moyens humains qui en constituent le moteur ? Se plaindre d'être les esclaves de la société tout en se multipliant et en condamnant ses descendant à son propre sort n'est-il pas un comble ? Toujours est-il que les plus déshérités d'entre nous continuent à être toujours plus nombreux à alimenter ce brasier du développement qui nous dévore tous – en même temps que notre planète – et dont le profit, comme par convection, va d'abord à ceux qui président à leur destin.

La poursuite du progrès au détriment des conditions d'existence d'un nombre croissant d'individus doit cesser. Pour l'amélioration du sort de tous et le retour à des conditions environnementales aussi durablement viables que le permettront les restes des ressources de la planète, le devoir prioritaire de la société est désormais d'aider par tous les moyens, pourvu qu'ils soient dignes, l'homme à limiter sa fécondité, sachant que par simple effet de proportion, les plus déshérités seront les plus nombreux à en subir les effets.

Même s'il émerge avec quelques années de retard et qu'il y ait peu à attendre de son manichéisme, le débat qui agite le pouvoir en France bien après qu'il ait commencé en d'autres lieux, concernant le choix entre croissance et son contraire, est probablement à compter parmi les signes de la modération qui s'impose. « Il ne sert strictement à rien de créer 100.000 nouveaux emplois si, en même temps, apparaissent 100.000 [150 000] nouveaux candidats sur le marché du travail ... » Ainsi conclut une récente étude d'une université américaine, qui prévoit que 50% des emplois seront, d'ici 20 à 30 ans, occupés par des robots. C'est donc une erreur de croire qu'il nous faut faire plus d'enfants pour payer nos pensions. Au contraire, moins nombreux seront nos enfants, plus ils seront riches … et donc plus élevées seront nos pensions. »www.one.baby.fr (Lettre ouverte).

Naître moins nombreux ou vivre moins vieux, tel a été le choix qui a été offert aux hommes durant les deux derniers siècles. Ils l'ont ignoré en laissant s'emballer une croissance économique et démographique que ne maîtriseront dorénavant pas davantage la superstition que les idéologies et postures politiques. Certes, les effets cruels du vieillissement de la population attendent la société, mais ce sera le prix à payer pour une négligence coupable de la plupart des élites, véritable crime contre l'humanité dont elles auront à répondre devant les générations futures.

C’est avec une population drastiquement réduite, par la seule dénatalité, autorisant la maîtrise et le dosage de ses efforts de productivité en mettant sa créativité au service du mieux plutôt que du toujours plus, que la société produira moins, consommera moins et gaspillera moins. C'est aussi par une population moindre que le nombre de pauvres se réduisant proportionnellement à leur place dans une pyramide sociale moins peuplée, l’équilibre social, détruit avant tout par un surnombre devenu ingouvernable, pourra se rétablir. C’est notre seule chance, quels que soient notre place et notre rôle dans cette société, de continuer à bénéficier de l’essentiel des avantages que le progrès nous a procuré au cours des siècles et dont nous avons abusé et continuons stupidement d’abuser, au point de mettre la planète elle-même en péril.

Le poids de la pauvreté étant moindre, la société ne pourra qu’y gagner en efficacité dans son rôle civilisateur renouant avec un humanisme que lui ont fait perdre de vue autant l'humanitaire, dans son combat contre une injustice sociale structurelle, que le matérialisme. Relâchant sa pression sur ses forces vives pour les laisser remplir leur rôle moteur d’intérêt général, qui est d’œuvrer à l'épanouissement des hommes – à ne pas confondre avec leur confort – ce sera privilégier la qualité, la richesse, le progrès, la civilisation, en un mot la vie, telle que nous la souhaitons plutôt que comme elle s'impose dans son exubérance.